Stellantis : coup d'arrêt, et après ?

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Quand Stellantis a été créé, au début de 2021, il ne s’agissait pas de deux canards boiteux que l’on mariait, mais des entreprises à l’histoire différente, plutôt en bonne santé. PSA avait magnifiquement intégré Opel, et Fiat-Chrysler avait récupéré pour trois dollars et six cents une magnifique affaire nord-américaine, Dodge, RAM, Jeep et Chrysler.

Les entreprises fonctionnaient plutôt bien, et la fusion avait été légèrement anticipée, puisque la Commission européenne avait donné son accord pour travailler sur la base de la plate-forme PSA de segment B pour fabriquer de nouveaux modèles pour le groupe FCA, avant même qu’il y ait eu le processus de fusion d’entamé.  


Stellantis a mangé son muscle. 

Stellantis a mangé son muscle. De 2021 à 2023, le constructeur a dégagé des marges supérieures à 10 %, particulièrement impressionnantes dans le secteur des constructeurs automobiles généralistes, en 2024, c’est tombé à 5,5% pour un CA en recul de 17%. Du jamais vu historiquement. Mais il semble que la course ait été bien trop longue, et qu’elle ait en partie épuisé l’entreprise. Le plan dévoilé au début de l’année 2022 par Carlos Tavares s’appelait « Dare Forward » (Oser aller de l’avant). C’était un plan stratégique très ambitieux. 

L’entreprise devait relever le défi du plan de croissance de Tesla, et elle visait, carrément, un doublement du CA d’ici à 2030 et une marge opérationnelle au-dessus de 10 % durant toute la décennie. Courir après ses objectifs a amené Stellantis en « burn out ». Cela a tendu les relations avec les politiques, les fournisseurs, les concessionnaires, les syndicats… 

Sous la férule de Carlos Tavares, Stellantis est devenue une entreprise très mince, avec un point mort particulièrement modeste. En janvier 2021, la fusion a été quasi-instantanée. Stellantis a bénéficié d’un départ lancé, car tout avait été préparé en attendant le feu vert des autorités de la Concurrence, y compris les adresses de courriers électroniques des collaborateurs en @stellantis.com.  

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