Il n'y a pas d'apocalypse climatique : modèles, mesures et prévisions : se délivrer de l'écoanxiété.

LITTÉRATURE

✍️ Par Yannick URRIEN

Les livres de François Gervais figurent toujours en tête des ventes. Ancien directeur de recherche au Centre de recherche sur la physique des hautes températures du CNRS et professeur des universités, François Gervais a été expert reviewer des rapports AR5 et AR6 du GIEC. Il dénonce notamment l’écart de 500% entre les projections des différents modèles utilisés par le GIEC et la difficile question du chiffrage de la part humaine du CO2 émis. 

François Gervais a répondu à L’Hebdo-Bourseplus sur son dernier livre.

Il revient sur l’origine de sa démarche : « J’ai commencé à m’intéresser à ce sujet il y a une douzaine d’années, quand j’ai officiellement pris ma retraite de professeur des universités. Et, à ce moment-là, je croyais comme tout le monde ce que disait le GIEC. Comme je venais de retrouver quelques espaces de liberté, j’ai eu la curiosité de lire le rapport AR4 du GIEC. À ma grande surprise, il n’y avait pas de mention sur le spectre infrarouge de l’atmosphère et des bandes d’absorption du CO2. J’ai posé ma candidature pour être expert pour le second, le AR5, et le suivant, le AR6. Le GIEC a accepté ma candidature. À chaque fois, j’ai demandé que l’on rajoute le spectre infrarouge de l’atmosphère qui ne figurait pas dans leur rapport de 1500 pages. J’ai trouvé curieux qu’ils ne le fassent pas. En effet, à partir de ce spectre infrarouge, on peut mesurer l’impact du CO2 sur la température de la Terre. L’impact n’est pas nul. Oui, l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère, depuis 175 ans, a réchauffé la Terre de 0,4°, ce n’est pas l’apocalypse, mais il y a effectivement un effet quantifié. Est-ce que l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère est uniquement due aux émissions liées à la combustion des ressources fossiles ? On nous bassine toujours avec cette idée. Je rappelle qu’il y a 60 fois plus de CO2 dans les océans que dans l’atmosphère. Les océans se réchauffent très légèrement, un demi-degré depuis plus d’un siècle, pour des causes vraisemblablement naturelles, car l’eau chauffe l’air, mais l’air ne peut pas chauffer l’eau dans les mêmes proportions. Donc, il y en a une partie qui a pu aller dans l’atmosphère. » 

Alors, à qui profite le crime ? François Gervais souligne qu’il y a une convergence objective d’intérêts considérables, « car les sommes qui sont annoncées sont incroyables. Rien qu’en France, pour la décarbonation, on évoque au minimum 40 milliards par an. Ceux qui profitent de ce business sont contents. Le problème, c’est que nous avons déjà une dette abyssale. On va continuer de la creuser et on va augmenter la charge de la dette. Tout cela pour 0,000056 degré par an selon les chiffres du GIEC, alors qu’ils sont déjà très exagérés. » 

Malheureusement, toute tentative de débat sur ce sujet est sévèrement punie : « En science, on ne peut pas interdire le débat, cela n’a aucun sens, sinon ce ne serait plus de la science. La science ne cherche pas à établir des vérités, mais un faisceau convergent de présomptions. Quand vous lisez une publication scientifique, la conclusion ne prétend jamais établir une vérité. Elle donne des éléments qui vont contribuer à un débat scientifique. La science, c’est un débat. Lorsque certaines de nos observations n’ont pas été contredites depuis plus d’un siècle, on considère que c’est acquis et que l’on peut passer à autre chose. Je considère qu’il y a quand même une convergence objective d’intérêts considérables. » 

Ces intérêts ne sont-ils pas remis en cause lorsque l'on observe ce qui se passe aux États-Unis, en Russie, en Inde, en Chine ou en Afrique ? Oui, le monde est en train de changer : « La France est responsable de 0,8 % des émissions mondiales. Donc, qu’elle fasse ou non quelque chose, cela ne changera strictement rien. Ce sont ceux que vous citez qui ont les clés en main. Et ils n’ont pas l’air pressés d’inverser les choses, parce qu’il y a d’autres intérêts qui vont dans l’autre sens. Je voudrais souligner un point très important, qui apparaît très peu dans le débat : c’est que les effets bénéfiques de l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère sont irremplaçables et indispensables à la végétation et aux plantes nutritives. Il ne faut pas oublier que la population mondiale a doublé au cours de ces cinquante dernières années. Et si l'on veut nourrir tout le monde, on a besoin du CO2 qui profite à la productivité des plantes nutritives. » 

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