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Économie. Si nos politiques ne changent pas de logiciel, alors il y aura de plus en plus pauvreté.
LA RENCONTRE DE LA SEMAINE
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean-Luc Ginder : « La création de richesses est le vrai problème français, et non la répartition des richesses. »
De plus en plus de familles dans les rues, des travailleurs pauvres qui dorment dans leur voiture, tel est malheureusement le constat de nombreux Français, dans toutes les villes de France, y compris dans des cités moyennes. Jean-Luc Ginder est économiste et essayiste, spécialiste de la macroéconomie ainsi que de l’économie de l’énergie. Il est l’auteur des livres « Phobiamanagement », mettant en avant les effets de la peur en économie, et « Réflexions économiques », un diagnostic du système économique français.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous estimez que la France tombe progressivement dans la pauvreté. Malheureusement, un pays qui va mal ne peut plus faire grand-chose pour aider sa population : est-ce le signe d’un déclin français ?
Jean-Luc Ginder : À ce jour, tout le monde est un peu à la recherche de ses propres limites et de sa propre position. On peut déterminer ses limites, mais il est plus compliqué de déterminer sa position dans un espace politique, administratif et budgétaire. Je retiens les mots récents du propriétaire de LVMH, Bernard Arnault, qui a tout simplement dit que trop c’est trop et que les sociétés, grandes ou petites, sont trop ponctionnées. Ce n’est pas la ponction qui est quelque chose d’indigent, c’est plutôt ce que l’on fait de l’argent réquisitionné. À quoi sert notre argent ?
Les murs de la maison commencent à s’effriter, cela touche progressivement toutes les pièces et l'on ne sait plus très bien comment agir. Les députés parlent de budget, de dette, de crise, de faillite, en oubliant de dire qu’un État ne peut pas être en faillite. Un État collecte des fonds, mais souvent il les oriente mal. Et c’est ce que nous vivons. Les uns veulent aller à fond à gauche, les autres à fond à droite, alors que ce ne sont pas du tout les mêmes politiques budgétaires. Au centre, les gens se déchirent sur un positionnement politique et non pas sur un positionnement budgétaire. Tout le monde dit qu’il n’y a plus d’argent.
Quand on parle de la pauvreté, c’est normalement à l’État d’intervenir. On aime bien signer des conventions, mais on a beaucoup plus de mal à les lire et à les comprendre. Quand on parle des droits de l’enfant, ce n’est pas simplement un texte signé à l’ONU, il y a plus de deux mille enfants scolarisés qui dorment dans la rue en France aujourd’hui ! Il faut s’imaginer à quel niveau se situe notre société. Comment voulez-vous que notre société puisse déceler les gens qui sont au bord de la faillite sociale, si elle n’est même pas capable de voir un enfant qui dort dans la rue avec sa famille ? Certains peuvent dire que ce sont des enfants de passage, mais ce sont quand même des enfants scolarisés. Comment peut-on scolariser un enfant, mettre à sa disposition le savoir, lui parler de liberté et d’égalité, et puis, à la fin des cours, lui dire d’aller retrouver sa famille qui dort dans la rue !