⟵ Retour
Économie. Le cheval est mort. On continue de changer de cavalier, mais cela ne change rien…
LA RENCONTRE DE LA SEMAINE
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Charles Sannat : « Si l'on reconnaît que le cheval est mort, les implications seront effroyables. »
Charles Sannat est économiste et il dirige notamment le site Insolentiae. Pour les lecteurs de L’Hebdo-Bourseplus, il analyse la situation économique en s’inspirant d’un vieux conte indien où le cheval est mort. On refuse de l’admettre, on continue de demander à un autre cavalier de monter dessus, toutefois cela ne change rien. C’est en fait la situation dans laquelle se trouve la France.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous rappelez cette légende indienne sur le cheval mort. Cependant, personne ne veut l’admettre : est-ce ce qui caractérise la situation de notre pays ?
Charles Sannat : Le cheval est mort. On sait qu’il est mort, mais on ne veut pas le reconnaître. C’est une histoire qui vient des Indiens du Dakota qui disent que la meilleure manière d’annoncer que son cheval est mort, c’est tout simplement d’en changer. Dans cette métaphore, on va plus loin : on accuse le cavalier et on change de cavalier, alors que le cheval est toujours mort.
Concrètement, on avait Élisabeth Borne, puis Michel Barnier et maintenant François Bayrou. Mais peu importe, la structure étatique est la même, avec le même taux d’endettement et les mêmes contraintes normatives de l’Union européenne. On demande à ces gens de monter sur un cheval mort en continuant à faire semblant. On va même faire des réunions pour savoir comment réanimer un cheval mort et c’est exactement ce qui se passe avec le conclave sur les retraites. On fait une réunion avec tous les partenaires sociaux.
Cela fait quarante ans que cela dure, mais il ne se passera rien, puisque le système est mort. Personne ne veut reconnaître cela, car si l'on reconnaît que le cheval est mort, les implications seront effroyables. Pourtant, il faut affronter la réalité en face en acceptant de passer à la caisse. Personne ne veut être celui qui sera dans l’obligation d’officialiser que le cheval est mort, à savoir que le système d’État-providence dans lequel nous sommes n’est plus viable.
Pour lire ce numéro (Accès numérique)
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.