Canal Plus : à l'attaque des plus grandes plates-formes nord-américaines.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Il y a à peine un mois, le groupe Canal Plus a été introduit à la Bourse de Londres, et on ne peut pas dire que cela fut une grande fanfare pour accueillir la première cotation, en baisse de presque d’un tiers, la déconvenue fut sévère. Le groupe Canal Plus, a été pourtant au bord de la disparition, il y a une dizaine d’années. On l’appelait même, ironiquement, « Canal Moins ».

Même si le démarrage à la Bourse de Londres, le 16 décembre, fut calamiteux, il n’empêche que cette entreprise a de la valeur, et pourrait créer la surprise face au monde anglo-saxon des bouquets divers de télévisions payantes et de streaming. Maxime Saada, devenu patron du groupe en 2015, a réussi à sauver Canal Plus, en le respécialisant sur ce qui faisait sa différence : le cinéma, les séries, le payant, et des programmes sportifs diversifiés. Terminées les tranches en clair coûteuses vitrines avec Nulle part ailleurs et les Guignols de l’Info. Tout pour l’abonné, rien que pour les abonnés, et c’est tout.


Quarante ans et déjà plusieurs vies.

Il y a quarante ans que Canal Plus a été créé, et on a l’impression qu’il y a eu plusieurs vies dans ce groupe. Au tout début, cela fut une sorte d’échec, avant progressivement de bien démarrer, et de connaître une envolée synonyme d’internationalisation ultérieure, en Italie, en Espagne, en Allemagne… Cette internationalisation a failli faire le malheur du groupe Canal Plus, qui a décidé d’en sortir progressivement. Face à Netflix, Amazon, Disney +, Apple TV + et Paramount +, Canal Plus faisait office de Petit Poucet.

Le groupe a réussi à devenir le partenaire de ces rois du streaming, tels que HBO Max ou Netflix, réinventant la télévision, ringardisant les autres acteurs historiques de l’audiovisuel. Maxime Saada a remplacé Rodolphe Belmer en 2015, qui fut licencié vite fait par Vincent Bolloré. Depuis, Rodolphe Belmer est redevenu un géant de l’audiovisuel, avec la présidence de TF1.

Même si le démarrage boursier fut modeste, l’entreprise Canal Plus pèse davantage en Bourse que TF1 (deux fois), et bien plus que RTL Group, le mastodonte teuton (RTL Group compte une soixantaine de chaînes de télévision dont M6 et une trentaine de radios en Europe dont RTL). En 2018, alors que l’entreprise marchait toujours sur deux jambes, le cinéma et le football, Maxime Saada a vu les droits de diffusion de la Ligue 1 être raflés par Mediapro. Cela ne fut pas une bonne surprise.

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