La véritable alternative au Great Reset.

LITTÉRATURE

✍️ Par Yannick URRIEN

Valérie Bugault est titulaire d'un doctorat en droit de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Dans le cadre de sa thèse portant sur le droit de l'entreprise, elle a élaboré une théorie juridique unifiée, qualifiée « d'iconoclaste », de l'entreprise. Elle a travaillé comme avocate fiscaliste dans le domaine des prix de transfert ainsi qu'en droit fiscal interne, avant de mettre fin à sa carrière d'avocate pour se consacrer à l'analyse des problématiques de géopolitique économique.

Elle a co-écrit un livre, « Du nouvel esprit des lois et de la monnaie ». Elle est également l’auteure des ouvrages « La Nouvelle Entreprise » et « Les Raisons cachées du désordre mondial ». Valérie Bugault est connue pour ses nombreuses interventions dans les médias dissidents et elle a accepté de répondre aux questions de L’Hebdo-Bourseplus pour évoquer son livre, paru avant l’été, qui propose à travers son projet Révoludroit, « une alternative au Great Reset ».

D’abord, nous lui avons demandé quelle était l’origine de son engagement pour la défense des libertés individuelles : « C’est une histoire liée à ma famille. J’ai toujours été dans un certain combat puisque, dès la préparation de ma thèse, j’étais en rupture avec l’idéologie dominante du droit des affaires. J’ai pu vérifier à l’international tout ce que j’avais compris sur le fonctionnement de l’entreprise, puisque c’est un problème mondial. À ce moment-là, je suis devenu définitivement non compatible avec le milieu dans lequel j’évoluais. Nous ne sommes pas dans un système de liberté, mais dans un système d’accaparement au profit de quelques personnes, avec des intérêts bien compris, et ce n’est plus un système pour lequel la puissance créatrice est au service du développement du collectif. Tout est capté par les processus monétaires et économiques, par des intérêts qui se sont garantis un anonymat et une irresponsabilité totale. Toutes les valeurs de justice et d’équité dans lesquelles j’avais cru, cela n’existe que pour les gueux. C’est de l’esclavagisme et je ne peux pas envisager que mes enfants vivent dans ce monde. »

Cependant, on peut se demander si le système alternatif n’est pas proche de celui du communisme avec une classe d’apparatchiks : « Les deux ont des finalités communes. Ce que j’ai découvert n’est pas idéologique, ce sont les circuits concrets que ce système a mis en place pour capter à son avantage la créativité et la capacité de travail. Donc, ce n’est pas un combat idéologique. Je suis juriste, je crois en l’Etat et je considère qu’il est lui-même mis au service des puissances économiques par le biais des partis politiques. Les partis politiques sont des outils idéologiques qui captent tous les intérêts de la société humaine pour les transformer en combat idéologique. À l’origine, ce sont les clubs britanniques, c’est-à-dire l’entre soi, le Conseil des barons n’a jamais été la quintessence de la démocratie, tout cela est issu d’une révolte des grands seigneurs féodaux contre le roi d’Angleterre qui, à l’époque, était le garant de l’intérêt général. On a confondu démocratie et ploutocratie… »

En écoutant Valérie Bugault, on comprend vite que l’on nous fait vivre dans une sorte de monde parallèle : « Nous sommes dans un jeu de dupes permanent. La séparation des pouvoirs n’existe pas, j’ai démontré cela, tout cela met en œuvre une fausse réalité. C’est la raison pour laquelle j’explique, peu importe la forme officielle du régime, que ce soit une République ou une monarchie, qu’à partir du moment où vous avez un parlementarisme représentatif, une fausse séparation des pouvoirs et une Banque centrale indépendante, vous êtes en ploutocratie. Le problème, c’est que toute l’organisation interne du rapport de force dans les régimes politiques accapare la créativité et l’abondance de la diversité au profit de forces obscures qui tiennent le système économique global. Il faut bien comprendre que la corruption est endémique dans nos régimes. La Ve République a d’abord tenu sans corruption, parce que le général de Gaulle a fait quelque chose d’assez viable, mais il ne faut pas oublier qu’il y a eu des guerres, des attentats et des assassinats… On ne peut pas dire que ce régime ait été très serein. La Ve République n’existe plus depuis longtemps, puisque les rapports de force de 1958 ont été bafoués par de nombreuses modifications constitutionnelles. La Ve République est morte au moment de la chute du bloc de l’Est, puisqu’il y a eu ensuite des réformes nous faisant basculer dans le système fédéraliste de l’Union européenne. » Ainsi, à force de bricoler la Constitution, on se retrouve avec une coquille vide : « Les rapports de force ne sont plus les mêmes. Ce qui sert d’exécutif à ce pauvre pays nous permet quasiment de nous faire entrer en guerre sans même s’occuper de savoir si le Parlement est d’accord. Depuis la crise sanitaire, on a bien compris que la Constitution ne les intéressait pas. L’État de droit, cela ne signifie plus rien. »

Dans ce contexte, Valérie Bugault a créé un outil constitutionnel baptisé Révoludroit qu’elle présente lors de nombreuses conférences à travers la France. Elle explique les principales lignes de Révoludroit : « Ce projet est né de la compréhension précise des phénomènes qui ont été mis en œuvre. Je suis remontée et j’ai cherché ce qui pouvait fonctionner. Comme les partis politiques sont des vecteurs idéologiques, la solution, pour retrouver un État sain, c’est de redonner une voix politique à tous les membres qui font la société. J’ai repensé à ce qui existait dans le passé, en le réadaptant aux conditions modernes, à travers un système dans lequel les individus sont autorégulés dans des groupements d’intérêt, sur le modèle des corporations de l’Ancien régime. Je ne limite pas les corporations au commerce et à l’artisanat, puisque je les étends à tous les types d’activités humaines. Cela permet de redonner une voix politique à tous les membres des groupements. Donc, quand il y a un problème, ce sont les membres du groupement qui sont chargés de le résoudre. Cela réhabilite la responsabilité humaine puisque vous ne pouvez pas vous plaindre d’un organisme si vous ne vous investissez pas pour le changer alors que vous en avez la possibilité. C’est un cercle vertueux. Tout cela s’accompagne d’un retour du véritable État de droit fondé sur le droit naturel, afin de déterminer les grandes règles indépassables par le droit positif. On n’a pas besoin d’avoir un code avec des milliers de pages, car trop de droit tue le droit. Le droit a été bafoué puisque les grands principes de droit ne sont plus respectés. Le droit est opaque et je considère qu’il n’est pas là pour entrer dans les chambres à coucher et dans les cuisines des gens. Nous prétendons être dans un État tout-puissant, mais nous sommes dans un État où il n’y a plus de droit. Nous sommes dans la dégénérescence totale. »

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.