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Nestlé : crises à répétition.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
L’action Nestlé, à moins de 75 francs suisses, est en recul de presque un quart depuis le début de l’année. Que se passe-t-il ? L’entreprise, au logo universellement connu (un oiseau nourrissant ses deux petits dans un nid), est dans une situation délicate.
Arrivé au début du mois de septembre, le Français Laurent Freixe, a décidé de prendre le taureau par les cornes, et vise des économies supplémentaires de 2,5 milliards de francs suisses (2,6 milliards d’euros), d’ici à la fin de 2027.
L’objectif est de retrouver une croissance organique significative de l’ordre de 4 % voire plus, avec de surcroît une remontée de la marge. Son prédécesseur, l’allemand Mark Schneider, a été viré au mois d’août, car la croissance n’était plus là. Par ailleurs, il a été victime du scandale concernant les traitements appliqués aux eaux minérales.
De Nespresso à Nesquick, en passant par Ricoré et Maggi.
Le groupe est propriétaire d’environ 2.000 marques, dont bien évidemment le Nescafé, les dosettes Nespresso, et le Ricoré sont parmi les plus célèbres, il avait augmenté les prix pour compenser l’envolée des coûts de transport, d’emballage et de matières premières qui fut provoquée par les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement au sortir des confinements et au démarrage de la guerre en Ukraine. Mais, avec cette vague d’inflation, les consommateurs ont taillé dans leurs dépenses, au profit des marques de distributeur (MDD) des supermarchés.
Il y a eu également une tentative de shrinkflation, avec de nouveaux emballages, plus petits, et des prix en hausse, ce qui amenait un prix au kilo en augmentation de 25 à 40 %. Du fait des hausses tarifaires, la croissance organique des ventes avait gonflé à 7,2 % en 2023 mais est retombée à 2 % seulement sur les premiers mois de 2024. L’entreprise cherche à augmenter de nouveau les dépenses de publicité de marketing, pour remonter à 9 % du CA d’ici à la fin de l’année 2025. L’activité eaux minérales a vocation à être séparée, mise dans une entité différente, à partir du 1er janvier 2025, l’idée est d’évaluer la stratégie pour cette activité, qui représente 3,6 % des ventes de Nestlé, avec des marques prestigieuses comme Perrier ou San Pellegrino notamment.