Le vice-président de l’Association des maires ruraux de France invite les communes à ouvrir des relais postaux.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jean-Paul Carteret, maire de Lavoncourt (Haute-Saône) : « Les gens se plaignent, mais ils n’utilisent pas La Poste, donc il faut être cohérent. »

Les élus locaux sont de plus en plus préoccupés par les menaces de fermetures de bureaux de poste. Jean-Paul Carteret, ancien conseiller régional, maire de Lavoncourt, président de l’Association des maires ruraux de Haute-Saône et vice-président de l’Association des maires ruraux de France, évoque ce sujet.


L’Hebdo-Bourseplus : Quelle est la situation du service postal dans votre département de Haute-Saône ?

Jean-Paul Carteret : C’est la situation que doit tenir La Poste dans ses missions de service public, à savoir que 90% de la population se trouve à moins de cinq minutes ou à moins de 20 kilomètres d’un point poste. C’est le cas chez nous. Il peut y avoir des bureaux de plein exercice, des agences postales communales ou intercommunales, mais également des points chez les commerçants. C’est rassurant, mais je crains pour la suite. Si l'on garde notre bureau de poste, j’ai un facteur-guichetier implanté dans une maison France Services.

Sinon, on devient une agence postale communale, avec un minimum d’heures d’ouverture, ou l'on installe le point relais chez un commerçant. L’enveloppe dédiée à la présence postale territoriale a failli être réduite de 50 millions d’euros et il aurait fallu trouver des solutions. Pour l’instant, nous n’avons pas de problèmes, mais cela peut changer. Aujourd’hui, l’État verse 1200 € à la commune pour qu’elle puisse salarier quelqu’un dans une agence postale. Mais La Poste est en train de faire le constat que dans bien des agences postales, il y a seulement une ou deux visites par jour.

Donc, on verse de l’argent à une commune pour tenir un bureau où il n’y a personne. À un moment donné, il est légitime que La Poste se pose des questions. Si, un jour, les 50 millions sont perdus, il faudra bien trouver des solutions et j’explique à mes collègues maires qu’il ne faut pas attendre le couperet. Si vous voulez sauver un commerce dans votre commune, il faut mettre le point poste dans le commerce, cela coûtera moins cher à La Poste puisqu’elle verse 700 € par mois. Les gens se plaignent, mais ils n’utilisent pas La Poste, donc il faut être cohérent.

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