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États-Unis : un colosse aux pieds d’argile, à la dette faramineuse.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
La campagne pour l’élection présidentielle américaine est en train de s’achever. Le scrutin aura lieu le 5 novembre 2024, mais une grande partie des Américains ont voté avant, par correspondance, ce qui suscite beaucoup de polémiques sur de la fraude éventuelle. Le duel entre le président sortant, Joe Biden, et son prédécesseur, Donald Trump, n’aura pas lieu puisque Joe Biden s’est retiré hâtivement au profit de Kamala Harris, sa vice-présidente. La campagne électorale actuelle est très différente selon les candidats.
Trump fait une campagne dynamique.
Populaire, certains disent populiste, Donald Trump réalise de très grands meetings, dont un, avec presque 100.000 participants, en Californie très récemment. Kamala Harris a beaucoup plus de mal à rassembler les foules. Il y a eu des images artificielles d’incrustation de foule qui ont été dévoilées, ce qui n’a pas facilité sa réputation. Les Etats-Unis comptent officiellement 331,4 millions d’habitants, selon le recensement de 2020. Avec l’immense masse d’immigrants clandestins, on est beaucoup plus entre 344 et 346 millions d’habitants actuellement. Les Etats-Unis ont connu une croissance particulièrement forte, postérieure à la crise Covid, qui avait entaché la dernière année du précédent mandat de Donald Trump. Le taux de chômage en Amérique du Nord n’a cessé de diminuer pour se maintenir sous la barre des 4 % de la population active, avec des chiffres ridiculement faibles de l’ordre de 3,5 % soit le niveau le plus réduit de chômage depuis les années 1960. Il y a eu une augmentation forte des revenus, ce qui a amené également un dynamisme des prix, particulièrement impressionnant. On se rapproche de 80.000 dollars de PIB par habitant, en parité pouvoir d’achat en 2024.
Richesse sans égal.
Jamais les familles nord-américaines n’ont été aussi riches qu’actuellement. A la fin de décembre 2023, elles possédaient pour 156.200 milliards de dollars en valeur nette du patrimoine. Cela explique le caractère négligeable de la dette publique nord-américaine, qui a dépassé les 100 % du PIB depuis longtemps, et qui représente plus de 35.000 milliards de dollars. Plein emploi, salaires en hausse… cela explique assez allègrement la poussée inflationniste, qui a atteint un pic de 9,1 % en rythme annuel en juin 2022 mais qui est retombée autour de 3 % actuellement. Comme l’Etat nord-américain n’a pas de souci pour s’endetter (il fait relever le plafond de la dette avec régularité), les dépenses d’investissements fédéraux sont assez massives. Ces investissements représentent presque 2.000 milliards de dollars par an, ce qui est tout à fait colossal et qui est en hausse forte. Ils ciblent l’entretien et l’amélioration des infrastructures, la réduction des émissions de carbone, l’amélioration du niveau de vie des classes populaires et moyennes, avec des actions sur la couverture santé, l’augmentation du salaire minimum et la baisse de la dette étudiante.
Les “ Bidenomics ”.
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