La maison individuelle est-elle menacée ?

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Olivier Conus, directeur des partenariats d’Adéquation : « Les maisons individuelles seront de plus en plus rares. »

Adéquation, spécialiste de l’analyse et de l’observation des marchés immobiliers résidentiels, s'est penché sur le marché de la construction de maisons individuelles. L’étude indique que « la crise de 2007-2008 a porté un sérieux coup d’arrêt à la construction individuelle qui, malgré un rebond ponctuel en 2010-2011, s’est installée à un niveau à peine supérieur à 150 000 maisons individuelles sur la période 2010-2019. Après un léger rebond en 2022 (170 000 maisons), les volumes se sont effondrés à 10 000 sur une année glissante (à fin juillet 2024). Ils ont ainsi été divisés par 2,6 depuis 2006. »

Pourtant, « du côté du client, l’attrait de la maison individuelle pour les Français est régulièrement rappelé. D’après le baromètre de la Fédération française de la construction – IFOP de mars 2024, 80 % des ménages souhaiteraient vivre dans un tel logement. Un plébiscite qui, sondage après sondage, n’a quasiment pas varié depuis les années 1950. Or, ce « rêve » est manifestement hors de portée. Au rythme actuel de construction, la maison individuelle qui représente actuellement 55 % des logements devrait devenir minoritaire dans le stock. Tous les efforts de compacité visant à réduire la consommation foncière de la maison individuelle (les terrains aménagés ont par exemple vu leur surface diminuer de - 30 % entre 2008 et 2023) ne suffiront pas à rendre son développement compatible avec l’impératif de sobriété foncière. »

En revanche, le parc existant – plus de 20,8 millions de logements au 1er janvier 2023 (dont près d’1,5 million vacants) – devrait voir sa valeur croître globalement, à condition de procéder aux inévitables travaux de rénovation : « Les passoires énergétiques - étiquettes F et G du DPE - sont plus fréquentes en maison individuelle (19,6 %) qu’en collectif (14,5 %) d’après l’Observatoire national de la rénovation énergétique. Ce parc permet aussi d’envisager pas mal d’évolutions telles que le rajeunissement des ménages occupants, la division des logements ou la densification de la parcelle. » Olivier Conus, directeur des partenariats d’Adéquation, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous réalisez de nombreuses études sur le marché de l’immobilier. À qui sont-elles destinées ?

Olivier Conus : Depuis une trentaine d’années, nous accompagnons les acteurs de l’immobilier dans le développement de leurs projets. Ce sont des opérateurs au sens large, c’est-à-dire des promoteurs ou des bailleurs, qui développent des programmes, mais aussi des collectivités ou des aménageurs publics, ainsi que des investisseurs et des banques qui financent ces opérations. Nous faisons des études, du conseil, nous avons une cinquantaine de personnes qui accompagnent les différents acteurs, nous collectons de nombreuses données et nous exploitons des outils digitaux permettant à nos clients de réaliser des études en parfaite autonomie.

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