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Kering : l'effondrement de Gucci pèse.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
L’action Kering, bizarrement, avait connu une forte hausse suite à la publication par la Chine de mesures de relance. Depuis le début de l’année, elle est en recul de 41 % environ, et le mouvement s’est réamorcé rapidement après une fugace envolée à presque 270 euros. Ce mardi, on était à peine au-dessus de 235 euros, point plus bas de séance à 227,75. Le S1 de 2024 a été très médiocre, avec un recul de 11 % du CA tombé à 9 milliards d’euros, un résultat opérationnel courant tombé à 1,6 milliard d’euros soit une marge opérationnelle courante de 17,5 % du CA. Du coup, le résultat net part du groupe est tombé à 878 millions d’euros.
Fin de la croissance.
Même si quelques ouvertures de magasins ont propulsé à 1.801 le nombre de boutiques gérées en propre, on n’est plus, chez Kering, à l’heure de la croissance. Toutes les zones ont été impactées, à l’exception du Japon, où le CA a progressé de 22 %, en raison essentiellement d’une augmentation du tourisme (surtout chinois) sur l’archipel nippon, du fait de la baisse du yen. Les touristes chinois sont venus très nombreux au Japon faire des emplettes, ce qu’ils n’ont pas acheté en Chine (-20 % sur la zone Asie pacifique), s’est pour partie retrouvé dans les achats au Japon. En Amérique du Nord, le recul a été de 12 %, en Europe de 8 %. Bien sûr, c’est chez Gucci que la catastrophe a été la plus grande. Le CA de Gucci est tombé à peine à plus de 4,1 milliards d’euros au S1 de 2024 soit un recul de 20 % en données publiées et de 18 % en données comparables par rapport au S1 de 2023. 90 % des ventes de Gucci sont réalisées dans des magasins exploités en propre, soit une proportion assez stable. La nouvelle collection, dont le déploiement en boutiques se fait progressivement (pour environ 40 % de l’offre au T3, un peu plus de 50 % au T4 de 2024), semble recevoir un accueil assez favorable, mais les ventes de lignes permanentes sont en fort retrait.
Effondrement chez Gucci.
Le résultat opérationnel courant de Gucci est tombé à 1 milliard d’euros tout juste, soit une marge opérationnelle courante qui reste la plus importante du groupe, mais est tombée à 24,7 %. Il fut un temps où Yves Saint-Laurent progressait de façon mécanique, chaque année, avec une croissance spectaculaire en pourcentage, même si les chiffres n’étaient pas à la hauteur de ceux de Gucci. C’est fini. Yves Saint-Laurent a enregistré un CA d’un peu plus de 1,4 milliard d’euros au S1 de 2024 soit un recul de 9 % en données publiées et de 7 % en données comparables. L’entreprise est moins intégrée que Gucci puisque l’activité dans le réseau en propre de la maison représente 81 % du total du CA. La maison Yves Saint-Laurent a enregistré un résultat opérationnel courant de 316 millions d’euros soit une marge opérationnelle courante de 22 % du CA. Bottega Veneta, à peu près à la moitié d’Yves Saint-Laurent, a réalisé un CA de 836 millions d’euros au S1 de 2024 soit une stabilité en données publiées et une progression de 3 % en données comparables. Les ventes dans le réseau géré en propre ont atteint 84 % du CA au S1, avec un assez bon succès pour la maroquinerie. La dimension de l’entreprise étant plus petite, la marge opérationnelle courante n’a été que de 121 millions d’euros soit 14,5 % du CA.
Festival de Cannes.