Société Générale : quand ça ne va pas, ça ne va pas

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui.  Bonne lecture !!!

Cela fait près d’un an que Slawomir Krupa a présenté, à Londres, sa stratégie pour transformer la banque. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas une réussite, le cours de Bourse a déjà perdu aux alentours d’un cinquième. Le groupe enchaîne les cessions, les sorties de marché. Au début du mois d’août, il a annoncé avoir signé des accords avec l’Union bancaire privée, une banque suisse spécialisée dans la gestion de fortune et d’actifs, en vue de la cession de ses filiales de banque privée au Royaume-Uni et en Suisse, SG Kleinwort Hambros et Société Générale Private Banking Swiss. Il y a eu également un accord pour céder sa filiale à Madagascar à la Bred Banque Populaire.


Des cessions nombreuses.


Cela passe après la vente de la Société Générale Equipment Finance (SGEF) à BPCE, dont la Commission européenne a approuvé l’opération au début du mois de septembre. Il ne faut pas oublier que la Société Générale a décidé de sortir du Maroc, et qu’elle est en train de négocier avec le gouvernement camerounais sa sortie du Cameroun, après avoir quitté également le Bénin. La vente des 93,43 % de sa filiale Société Générale Benin, qui inclut la banque Société Générale Togo, est reprise par l’Etat béninois. C’est une opération qui pèsera pour environ -25 millions d’euros sur les résultats du T3 2024 du groupe. En un an, ce n’est pas un toilettage, c’est un vrai tsunami de ventes de filiales dont il s’est agi. La Société Générale chercherait également à vendre son activité de conservation de titres, mais n’aurait pas obtenu une proposition attractive de la part d’un acheteur éventuel, alors que c’est une activité bien rentable. Slawomir veut faire de son entité une banque « tout en muscles ». Resserrer la Société Générale sur trois métiers phares : la banque de détail, y compris avec sa banque digitale BoursoBank, la banque de financement et d’investissement ainsi que la mobilité, à travers Ayvens (anciennement ALD).


Krupa : vendeur compulsif ?

Slawomir Krupa n’est pas véritablement un vendeur compulsif, mais quand il s’est fixé une direction, il s’y tient. Sortie d’Afrique, de la banque privée hors de France, vente de la division Consumer Finance allemande, de la fintech Shine, et d’une grosse partie de ses activités de leasing… Cela va, mine de rien, apporter pour un peu plus de 3 milliards d’euros de liquidités, ce qui permettra d’investir sur les métiers de base de la société. L’objectif est également de réduire les coûts. Une nouvelle réorganisation (la dixième en une quinzaine d’années) va amener un petit millier de suppressions de postes au siège avec, de surcroît, l’accélération de la fusion entre les réseaux de banque de détail Crédit du Nord et Société Générale. Là, ce n’est pas une vraie réussite, puisque le Crédit du Nord facturait des frais élevés à sa clientèle, et que la fusion des réseaux a amené une baisse significative des recettes, alors que les banques manquent de personnels, pour rendre les services minimums à la clientèle. Il y a également la rationalisation des activités entre ALD et LeasePlan, pour former Ayvens. C’est le dernier étage de son prédécesseur Frédéric Oudéa, qui a surpayé l’opération LeasePlan, on le voit dans les comptes.

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