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Un élu de la majorité préconise un mode de scrutin proportionnel et départemental pour les législatives.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean-Michel Arnaud, sénateur Union centriste des Hautes-Alpes : « La société française est trop fracturée, elle ne doit plus éliminer, elle doit choisir. »
Jean-Michel Arnaud est sénateur Union centriste des Hautes-Alpes et secrétaire du Sénat. Afin d'éviter de nous retrouver avec une assemblée nationale sans majorité, il plaide pour le changement de mode de scrutin avec la mise en place d’une élection proportionnelle départementale. Il nous explique son analyse.
L’Hebdo-Bourseplus : Qu’est-ce qui vous a incité à ouvrir cette réflexion sur le changement de mode de scrutin ?
Jean-Michel Arnaud : C’est le résultat des deux dernières élections législatives. La première, selon le calendrier classique depuis l’instauration du quinquennat, c’était cette élection législative après l’élection présidentielle qui s’est conclue par une majorité relative. Ensuite, il y a eu la dissolution et l'on a pu observer une amplification de la tripartition de la vie politique française, avec une absence de majorité absolue. Nous avons été conditionnés, depuis 1962, avec l’élection du président de la République au suffrage universel direct, par le fait que le président de la République obtenait toujours des majorités stables. Or, cela ne fonctionne plus. Donc, il faut trouver une solution politique à ce blocage potentiel des institutions et je pense que la proportionnelle est un élément assez facile à mettre en œuvre pour débloquer ce dispositif.
Il suffit d’une loi ordinaire pour cela. Ensuite, à l’image des grandes démocraties occidentales, à l’issue d’un seul tour, on a un vote positif et un choix. Lorsqu’il y a un second tour, beaucoup de nos concitoyens vont surtout voter pour éliminer. La société française est trop fracturée, elle ne doit plus éliminer, elle doit choisir. L’élection proportionnelle est un choix puisque, à l’issue de cette élection, les citoyens donnent la couleur du cocktail et donnent une orientation sur celui qui doit mener la coalition future, et chaque parti politique sait qu’il devra travailler avec son voisin.
À l’issue d’un seul tour, on a une indication et les responsables politiques savent qu’ils vont devoir travailler ensemble. Donc, il y a forcément plus de respect. Il sera plus facile de travailler sur des axes modérés, ce qui ne signifie pas sans nuances, mais sur des coalitions. Cela évitera aussi aux candidats de promettre tout et n’importe quoi, ce qui génère des désillusions permanentes. Cela permettra également de repositionner le président de la République dans un rôle essentiel, c’est-à-dire celui d’un président qui est là pour représenter le pays à l’international et qui est le chef des armées, mais qui n’est pas un Premier ministre bis. Voilà pourquoi il me semble absolument nécessaire que cette question de la proportionnelle soit à nouveau au cœur du débat, si l'on veut retrouver un peu d’apaisement. Il faut faire en sorte que la tripartition du pays ne se fasse pas au bénéfice des extrêmes de chaque camp, en obligeant des gens à travailler ensemble dans la transparence et l’efficacité.
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