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Thales : la Défense lui va si bien.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui.
L’entreprise Thales est assez diversifiée, elle travaille dans le militaire, mais aussi dans l’aéronautique et le spatial. Elle a également une branche navale, avec une participation dans Naval Group. Bien évidemment, outre la Défense, il y a la Sécurité, sécurité des frontières mais également sécurité informatique. Pour la période entre janvier et juin 2024, le groupe a publié un résultat opérationnel en hausse de 10,4 % à 1,096 milliard d’euros, ce qui est légèrement au-dessus du consensus qui ressortait à 1,093 milliard selon les données compilées par l’entreprise.
Demande croissante pour les équipements militaires.
La marge opérationnelle a été à un record pour le S1 de 11,5 %, et le carnet de commandes a connu un pic historique avec 47 milliards d’euros au 30 juin 2024. L’entreprise bénéficie de la demande croissante pour les équipements militaires, qui émane notamment de pays de l’OTAN. L’activité spatiale a été stable alors que les activités aéronautiques ont connu une croissance à deux chiffres. Cette activité spatiale est affectée par une augmentation sensible des dépenses de R & D. De ce fait, le résultat opérationnel de la division aérospatiale a reculé de 10,2 % au S1 et la marge opérationnelle est tombée de 6,9 à 6,5 % du CA. Pour l’ensemble de l’exercice 2024, Thales prévient que le résultat opérationnel de son segment spatial sera négatif, du fait du recul des satellites de télécommunications commerciales, de la hausse des frais de R & D et de l’impact des coûts de restructuration de cette activité, l’objectif étant d’arriver à un bénéfice régulier en 2027. Selon certaines sources, Airbus et Thales sont en discussions pour unir certaines de leurs activités spatiales afin de mieux concurrencer les géants américains. Le PDG, Patrice Caine, a qualifié ces discussions de « rumeurs ».
Le spatial : à restructurer.
En réalité, il affirme se concentrer sur ce qu’il appelle le plan A, qui consiste à restructurer l’activité spatiale pour la remettre sur les rails d’ici à 2027. Patrice Caine considère qu’une fusion pourrait apporter compétitivité et innovation d’une part, mais amènera des risques de revers d’autre part. Au S1, les prises de commandes ont été de 10,8 milliards d’euros soit une hausse de 26 % (+23 % en variation organique) ce qui, rapporté à un CA de 9,5 milliards d’euros, préjuge bien de la croissance future et permet de porter le carnet de commandes à 47 milliards d’euros, nouveau plus haut historique. L’activité de Thales a augmenté de 8,9 % (+6 % en variation organique) à 9,5 milliards d’euros, et a permis de récupérer un résultat opérationnel de 1,096 milliard d’euros soit +10,4 % (+4,7 % en variation organique). Le résultat net ajusté part du groupe a été de 866 millions d’euros soit une hausse de 6 %, et le résultat net consolidé s’affiche à 1,017 milliard d’euros soit une progression de +57 %. En revanche, le tréflux a été modeste, avec seulement 23 millions d’euros de free cash-flow opérationnel.