Les députés doivent se mettre d’accord sur des priorités.

EN DIRECT AVEC...

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Philippe Gosselin, député LR de la Manche : « Il faut vraiment travailler sur le quotidien de nos concitoyens. »

Philippe Gosselin, député LR de la Manche, a été réélu face à un candidat RN. Il nous livre ses impressions sur la situation politique.


L’Hebdo-Bourseplus : Beaucoup de vos collègues soulignent que cette campagne électorale a été très spéciale et particulièrement difficile. Partagez-vous ce constat ?

Philippe Gosselin : Clairement, c’est du jamais vu, pour plusieurs raisons. D’abord, le contexte politique était tout à fait singulier. J’ai été élu en 2007 et, depuis cette date, c’est la première fois que je connais une dissolution. On peut se préparer par avance à une élection et c’était le cas en 2017 et en 2022, lorsque l’on est en fin de mandat. Cette fois-ci, je sors des parachutages à Sainte-Mère-Eglise pour le 80e anniversaire du Débarquement, j’arrive sur le plateau de la radio locale Tendance Ouest pour commenter le résultat des élections européennes et, en plein débat, j’apprends qu’il y a une dissolution ! Mon mandat prend fin à minuit, mes collaborateurs sont licenciés et tout doit être plié en quelques jours... Ce sont évidemment des conditions que nous n’avons jamais vues. Donc, je confirme, ce sont les élections les plus graves auxquelles j’ai participé, compte tenu des enjeux, des fractures et des incertitudes pour notre pays.


Vous êtes connu pour avoir un fort ancrage local : est-ce ce qui vous a sauvé ?

J'ignore si l’ancrage local m’a sauvé. J’ai la faiblesse de penser qu’il n’y a pas que cela, mais il est certain qu’un ancrage local était une condition essentielle pour assurer une réélection. Ceux qui n’avaient pas un réseau personnel, c’est-à-dire des gens qui vous connaissent et qui peuvent juger votre travail, avaient évidemment plus de difficultés. Maintenant, il est possible que cela compte de moins en moins, car si l'on est dans une lame de fond, dans un grand mouvement de balancier, l’ancrage local n’est plus suffisant. En 2017, le boulet est passé de très près. Aujourd’hui, la contestation est profonde, donc l’ancrage local va être de moins en moins suffisant. Il faut que l’on apporte des réponses concrètes et précises, je le disais déjà en 2022, sur des questions comme la santé ou la mobilité en milieu rural. Il faut vraiment travailler sur le quotidien de nos concitoyens. Si l'on ne prend pas cela en compte, le sursaut que nous avons connu au moment du second tour ne sera qu’un sursis et le pays basculera à la prochaine élection présidentielle.

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.