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Airbus : se retrousser les manches, fabriquer et produire !
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui.
Au mois de mai dernier, Airbus a livré 53 avions. Au mois de juin, la cadence a été remontée, avec 67 livraisons d’appareils. Cela permet de passer à 323 contre 316 sur la même période de l’année 2023 les chiffres de livraison du S1. Pour l’ensemble de l’année, Airbus a besoin de livrer 770 appareils, depuis qu’il a révisé son chiffre d’un précédent objectif à 800 unités, et cela va obliger d’accélérer encore les cadences, car le maintien à 67 livraisons par mois ne donnerait lieu qu’à 402 livraisons soit une cinquantaine de moins que ce qui est l’objectif prévu pour l’ensemble de l’année.
Objectifs tendus pour 2024.
Un certain nombre d’analystes s’attendent à ce qu’il n’y ait que 760 à 765 unités livrées, comme ceux de RBC, mais tout le monde en convient, Airbus va rattraper son retard. D’un point de vue historique, les livraisons d’Airbus se répartissent à 45 % au S1 et à 55 % au second, on sera davantage dans un ratio compris entre 40 % au S1 de cette année et 60 % au S2. Comme pour ses pairs, Airbus fait face à des tensions dans sa chaîne d’approvisionnement. C’est le cas en particulier pour les moteurs, pour les aérostructures et pour les équipements de cabine, ce qui l’oblige à ajuster son rythme de production malgré une demande soutenue. Le carnet de commandes reste toujours particulièrement fort, puisque, au mois de juin, s’il y a eu 67 avions livrés, il y a eu pour 73 commandes. On ne parle d’Airbus que pour ses avions civils, ce qui est assez naturel, puisqu’il s’agit de l’essentiel de son activité. Ceci dit, il n’y a pas que l’activité de production d’avions civils dans le CA du groupe. Il y a trois activités véritables, Airbus ordinaire, les hélicoptères, et l’activité Défense et Espace.
Reprise dans les hélicoptères.
Dans l’activité Défense et Espace, il y a l’avion ravitailleur A400M, qui n’est plus un problème désormais, mais il y a aussi et surtout la fabrication des fusées pour Ariane, et beaucoup de satellites qui sont commercialisés auprès de tout un tas de pays. Dans la fabrication d’avions civils, à la fin du mois de mars 2024, il y avait dans le carnet de commandes pour 8.626 appareils. C’était en hausse de plus de 18,9 % par rapport aux chiffres du 31 mars 2023. C’est impressionnant, cela représente presque onze ans de charge de travail pour l’avionneur. Pour ce qui concerne les hélicoptères, il y a eu une reprise assez sensible, avec 847 appareils dans le carnet de commandes contre 725 au 31 mars 2023. Soit une hausse de 12,7 %. Au T1, sur les 12,8 milliards de CA, il y a eu 18 % dans l’activité Défense et Espace, 11 % pour les hélicoptères et 71 % pour Airbus, division avions civils. La marge opérationnelle ajustée est passée de 3,3 % au T1 de 2023 à 4,7 % du CA au T1 de 2024. Comme il y a des gains financiers liés à la très forte position de trésorerie, qui compensent presque les impôts à payer sur les résultats, le résultat opérationnel ajusté se transforme presque en autant de résultat net.