Une boulangerie est indispensable dans une petite commune.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Patrick Manuel, maire de Courgains (Sarthe) : « À partir des années 80, je savais déjà que la situation serait difficile pour les villages. »

La boulangerie de Courgains (Sarthe) a rouvert ses portes le mois dernier, après presque deux ans de fermeture. Pour un village de la taille de Courgains, avoir un tel commerce, « c’est indispensable ». C’est d’ailleurs ce qui a motivé les élus à intervenir pour retrouver des professionnels. Les locaux appartiennent à la commune, qui a aussi décidé d’acheter le matériel nécessaire à la pâtisserie. Cela a représenté un investissement de 41 000 €. Patrick Manuel, maire de Courgains, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes élu depuis 2016. Pensiez-vous, il y a une dizaine d’années, que cette question de désertification des commerces ruraux serait une vraie problématique ?

Patrick Manuel : Mes parents étaient commerçants et, en 1979, avec le développement de la grande distribution, nous sommes dit que c’était le début de la désertification des commerces. C’était une évidence. Évidemment, il y a la grande distribution, mais aussi l’exode rural. J’ai travaillé plusieurs années dans la grande distribution et il est évident qu’elle a une part de responsabilité. À l’époque, il y avait des grossistes qui livraient les petites épiceries et la grande distribution est venue avec des produits moins chers. L’état d’esprit a aussi changé et les gens ont envie de se promener, d’aller dans les grandes villes, les paramètres sont nombreux. Maintenant, il faut aussi reconnaître que la grande distribution a permis d’élargir les gammes, en profondeur, en prix... Donc, c’est un dynamisme supplémentaire. À partir des années 80, je savais déjà que la situation serait difficile pour les villages.


Avez-vous le sentiment que la situation évolue ?

On a tendance à revenir sur des produits de qualité, donc un peu plus chers, comme la baguette chez le boulanger qui est évidemment plus chère. Il y a toujours une adéquation entre le prix et la qualité du produit. Quand le prix est trop premium, vous touchez une clientèle très faible, donc il faut toujours bien calibrer son prix. À l’inverse, si vous vendez un chausson aux pommes 0,50 €, c’est que la qualité n’est pas au rendez-vous.

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