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Une pépite française reconnue dans le monde entier.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Philippe Moity, fondateur de Kinomap : « Nous luttons contre la monotonie de l’entraînement à l’intérieur d’un espace. »
Faire du sport chez soi ou au bureau, en parcourant des sentiers de randonnée, des pistes cyclables ou les avenues d’une grande capitale, c’est possible avec Kinomap. La technologie de la jeune pousse française n’a rien à voir avec une simple vidéo que l’on fait défiler sur un écran, puisque, lorsque l’utilisateur est sur un tapis de marche ou un vélo d’intérieur, la vidéo s’adapte à sa vitesse et le temps de parcours est exactement celui qu’il aurait fait dans des conditions réelles. Kinomap, leader mondial de la videÌo géolocalisée, est licencié du CIO pour organiser des challenges sportifs connectés, incluant le Marathon Pour Tous connecté, une course qui permettra au grand public de fouler le même parcours que les athlètes olympiques pendant les Jeux. Kinomap est chargé de rendre la course disponible sur cette plateforme. Les participants pourront alors s’immerger dans des parcours réels depuis les quatre coins du globe. Kinomap affiche une croissance annuelle de 15 à 20 % sur le marché international depuis 2019.
L’Hebdo-Bourseplus : Cela fait des années, par exemple quand on fait du vélo d’appartement, que l'on peut voir des paysages défilant sur un écran. Comment vous est venue l’idée de proposer un film en temps réel qui s’adapte à la vitesse de l’utilisateur ?
Philippe Moity : Nous sommes une fausse vraie start-up, puisque c’est une histoire qui remonte à 2010. Lorsque Google a lancé Street View, mon associé, qui habite dans une petite commune, s’est dit que Google n’irait jamais dans sa commune. Il a commencé à filmer les rues de son village à la manière de Google, mais en vidéo. Il a lancé sa plate-forme de partage de vidéos géolocalisées. C’est du contenu généré par les utilisateurs et, quand vous filmez un parcours, vous enregistrez la trace GPS du parcours, ce qui permet de récupérer la trace, la vitesse et le dénivelé. Je me suis intéressé au projet, nous nous sommes associés et, en 2013, nous avons sorti la première application d’entraînement pour les cyclistes avec les premières machines connectées. Quand vous regardez une vidéo, par exemple la montée de l’Alpe d’Huez, si vous essayez de faire le parcours, vous n’irez pas à la même vitesse. Donc, nous devons détecter votre vitesse pour faire accélérer ou ralentir la vidéo afin d’être certains de suivre votre progression.
Il faut aussi pouvoir modifier l’inclinaison du vélo, ou du tapis de course, pour changer la pente conformément au parcours que vous empruntez. Après les vélos, nous avons lancé en 2016 les premières machines de fitness connectées. Aujourd’hui, nous avons 50 000 vidéos en ligne. Nous en récupérons plus d’une vingtaine par jour et nous essayons d’avoir une forte compatibilité matérielle pour nous adapter à toutes les machines et à tous les équipements. Nous luttons contre la monotonie de l’entraînement à l’intérieur d’un espace et la vidéo permet d’interagir vraiment avec un équipement. L’interactivité avec le contenu vidéo permet de s’entraîner plus souvent, plus longtemps et avec plus de plaisir. C’est finalement notre mission, car il ne faut pas oublier que le principal frein, c’est toujours la monotonie. Donc, il y a des gens qui peuvent se promener en montagne, à la campagne, à Tahiti, ou dans n’importe quelle grande ville…
Comment l’utilisateur génère-t-il du contenu ? Puis-je aller filmer un chemin de campagne à côté de chez moi avec mon iPhone ?