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Immobilier : le fond n'est pas touché !
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui.
Tardivement, mais peut-être sincèrement, Emmanuel Macron et le ministre de l’Economie, M. Bruno Le Maire, ont fait ces derniers jours leur mea culpa sur le logement et ont reconnu ne pas en avoir assez fait. La promotion immobilière est toujours en chute libre, et les propositions de soutien à la construction n’étaient pas véritablement parmi les priorités des candidats aux élections législatives !
Macron : attaques fiscales contre l’immobilier.
On ne peut pas dire que les sept années d’Emmanuel Macron ont été justes pour l’immobilier, avec l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI) et la déclaration des biens immobiliers (chaque contribuable avait jusqu’au 30 juin pour se mettre en règle, 4 millions ne l’ont toujours pas remplie, ils encourent une amende de 150 euros). Désormais, on est proche de l’Inquisition. La déclaration des biens immobiliers, cela doit être modifié à chaque fois qu’il y a une nouvelle adresse pour la résidence principale ou secondaire, si l’on a changé de locataire ou si l’on a acquis un bien immobilier, il convient obligatoirement de le signaler à l’administration fiscale ! Cette déclaration permet à l’administration de savoir si le logement doit être exonéré de taxe d’habitation car c’est votre résidence principale, ou encore imposé à la taxe d’habitation car c’est une résidence secondaire ou bien à la taxe sur les locaux vacants. En 2023 le mot d’ordre était à la clémence pour tous, eu égard à la nouveauté de la déclaration.
Les prix reculent.
La musique a changé pour 2024. La dégringolade des prix de l’immobilier se poursuit, et même s’accélère. A la fin du mois de juin, les notaires du Grand Paris ont dévoilé leurs chiffres pour la période février-mars-avril 2024. Le constat est sans appel : -8 % pour les appartements et -8,4 % pour les maisons par rapport à la même période de 2023. Les taux des crédits immobiliers sont toujours très élevés, ils expliquent pour partie cette tendance. Les acquéreurs perdent en pouvoir d’achat et les vendeurs sont contraints de revoir leurs ambitions à la baisse. La chute des transactions est de -23 % sur un an, cela montre la profondeur de la crise que traverse le secteur de l’immobilier dans la région francilienne. Dans certains territoires, la baisse est moins prononcée, c’est le cas dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis ou la Seine-et-Marne pour les maisons qui affichent une baisse des prix comprise entre -7 et -8 %. Dans le Val-de-Marne, les prix ont chuté de 9,1 % sur un an. Pour les appartements, c’est en petite couronne que les prix ont le plus baissé : -9 % dans les Hauts-de-Seine, -8,3 % en Seine-Saint-Denis, -8,1 % dans le Val-de-Marne. En grande couronne, la baisse est plus modérée, -6,5 % en Seine-et-Marne, -6,6 % dans le Val-d’Oise et -7 % en Essonne. Le prix moyen du m² est tombé à moins de 10.000 euros à Paris, et il va de 2.770 euros en Seine-et-Marne et en Essonne à 5.900 euros dans les Hauts-de-Seine en passant par 2.880 euros dans le Val d’Oise ou 4.720 euros dans le Val-de-Marne.