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Le marché reste grippé, mais les banques souhaitent prêter…
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer : « Les banques veulent bien prêter, mais les emprunteurs ne sont pas forcément au rendez-vous. »
Pour ce mois de juillet, dans un contexte politique pourtant agité, la plupart des banques ont décidé de maintenir leurs taux stables ou de les baisser. Le réseau Vousfinancer constate que les banques veulent toujours prêter, notamment aux jeunes, aux beaux profils et à ceux qui achètent des biens performants sur le plan énergétique. Ainsi, la remontée du taux d’emprunt d’État à 10 ans, passé de 3 % début juin à 3,30 % à l’issue du 1er tour, n’a pour le moment pas eu d’impact sur les taux de crédit. En moyenne, il est actuellement possible d’emprunter à 3,50 % sur 15 ans, 3,70 % sur 20 ans et 3,90 % sur 25 ans. Mais les taux les plus bas négociés atteignent 3,2 % sur 15 ans, 3,3 % sur 20 ans et 3,4 % sur 25 ans.
L’Hebdo-Bourseplus : Observez-vous un changement d’attitude depuis la dissolution ?
Sandrine Allonier : Pour l’instant, l’impact est faible, parce que beaucoup de projets sont déjà enclenchés. Cependant, 40 % des agences ont constaté un impact sur les emprunteurs. D’abord, ceux qui ont un projet en cours sont pressés de le conclure. Certains emprunteurs craignent une remontée des taux, donc ils veulent rapidement signer l’offre de prêt pour bloquer le taux. Ensuite, pour ceux qui ont des projets pas encore entamés, on constate une certaine interrogation et de l’attentisme. Il y a déjà des gens qui ont des projets d’achat, notamment des primo-accédants; qui posent des questions sur l’évolution du prêt à taux zéro. Les investisseurs attendent de voir s’il n’y a pas un autre dispositif incitatif, ou si la loi contre les squatters sera abrogée ou non. Pour les projets non essentiels, il y a un peu d’attentisme, c’est normal, c’est la période électorale. À mon avis, ce n’est pas un bon calcul, on est dans les propositions électorales, et, s’il n’y a pas de majorité, les lois ne passeront pas. Donc, repousser son projet n’est pas forcément le bon calcul. Pour la majorité des Français, la priorité est de se loger et peu importe la situation politique. Il y a eu un sondage publié par L’Adresse qui observe un impact plus important de la dissolution chez les potentiels acheteurs. En effet, ils sont en amont et il y a plus d’attentisme. Le téléphone sonne moins, ce qui signifie que les acheteurs ont quand même tendance à être dans l’incertitude.
La véritable crainte porte-t-elle sur une victoire du Nouveau Front populaire ?
Je ne peux pas me prononcer sur cette question. Ce que je peux dire, c’est que ce qui inquiète les acheteurs, c’est une remontée des taux de crédit. On a déjà vu, après l’annonce de la dissolution, une remontée des taux, puisque c’est un phénomène imprévisible. En cas d’arrivée au pouvoir d’un parti qui n’a jamais gouverné, on observe une remontée des taux. C’est le cas des deux extrêmes, puisque c’est un mauvais signal pour les investisseurs, et nous allons devoir suivre cela de près. Cependant, pour l’instant, les banques n’ont pas remonté leurs taux.