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Un guide pour comprendre le monde des réseaux sociaux.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Michael Illouz, fondateur de Conceptory : « On ne retient rien dans cette volumétrie et ce flux continu. »
Le nombre d'internautes dans le monde a atteint 5,35 milliards, représentant 66,2 % de la population mondiale. Parmi eux, 5,04 milliards, soit 62,3 % de la population mondiale, utilisent les médias sociaux. Cette adoption massive des réseaux sociaux n'a pas échappé aux marques, qui sont désormais près de 80 % à y avoir recours. Elles exploitent ces plateformes non seulement pour gérer leurs relations avec leurs cibles, mais aussi pour fidéliser leur clientèle, créer des communautés engagées, partager du contenu pertinent et humaniser leur image. Dans ce contexte de croissance exponentielle des plateformes de réseaux sociaux, Michael Illouz, président de l’agence de publicité Conceptory et fondateur de The Collective Story, publie « Revolution Story », une analyse du rôle des réseaux sociaux dans le marketing et la publicité modernes. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il invite les entrepreneurs et les commerçants à davantage raconter des histoires et, surtout, à trouver des slogans percutants qui se mémorisent facilement.
L’Hebdo-Bourseplus : Quelles raisons vous ont conduit à travailler sur l’univers des réseaux sociaux ?
Michael Illouz : Le monde des réseaux sociaux est né il y a 20 ans, cela peut paraître assez ancien, mais ce n’est pas énorme. J’ai voulu faire un bilan, surtout dans un monde où tout va très vite, avec des changements d’algorithmes importants, donc on a parfois du mal à suivre. Il faut être humble, savoir s’entourer et faire de la veille. Je comprends donc que certains soient perdus, même des directeurs digitaux. Dans l’univers des réseaux sociaux, j’essaie d’éclairer les gens et il y a des composantes essentielles. Il y a toujours la composante créative et évidemment la publicité. Il faut amplifier les messages en payant la publication, il ne faut pas faire du post pour faire de la volumétrie. En clair, une marque ne doit pas se prendre pour BFM TV ! Il vaut mieux faire moins, mais mieux, et travailler sur le caractère iconique de la marque. J’évoque d’ailleurs les grandes écoles de la publicité, car aujourd’hui les gens ne connaissent plus les slogans comme avant. Alors, il faut réinjecter ce qu’il y a de bon dans ce que l’on faisait dans le passé.
Lorsque l'on vend un contact, c’est un message que le destinataire aura oublié au bout de quelques secondes. Comment résoudre la problématique de la mémorisation ?
La base de la publicité, c’est effectivement le fait de retenir l’attention, grâce notamment à la répétition. Le problème des réseaux sociaux, c’est qu’il y a énormément de volumétrie et le visuel est souvent oublié au bout de quelques minutes. Maintenant, on apprend à faire moins, mais mieux, avec du média. On retrouve des codes que nous connaissions dans les grands médias historiques, comme la répétition, des visuels plus iconiques, avec des périodes d’activation plus courtes, comme c’est le cas dans d’autres plans médias. Effectivement, il y a une nostalgie des grandes campagnes publicitaires. Mais nous sommes dans un Nouveau Monde, avec une publicité très viralisée. Maintenant, il faut savoir donner la parole à sa communauté, travailler sur des formats très innovants, faire du court pour amener sur du long… C’est comme un hameçon, finalement. Regardez les nouveaux médias, comme Brut et Kombini, ils ont compris que l’on doit capter l’attention en 12 secondes. C’est un exercice très dur et, après, si la personne est captée, on peut l’emmener vers des formats plus longs pour creuser le sujet.