Veolia : cela coule de source.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 14 juin 2024 (numéro 1.242) : “ Persécution : tous les prétextes possibles pour nous abattre (5) ”. Bonne lecture !!!

Au T1 de 2024, Veolia a sorti un CA de 11,556 milliards d’euros soit une croissance de 3,9 % à l’exclusion des prix de l’Energie, en recul. Pour ce qui concerne le résultat EBITDA, il a été de 1,624 milliard, soit une croissance de 5,7 %. Le résultat opérationnel courant a été de 843 millions d’euros soit +11,1 %. Dans l’eau, qu’il s’agisse de la distribution ou le traitement des eaux usées, Veolia Environnement a réalisé 4,3 milliards d’euros de CA soit une croissance de 6,5 %. Dans la gestion des déchets, le CA a été de 3,7 milliards soit +5,5 %. En revanche, pour la partie énergétique, l’entreprise a été stable avec 3,5 milliards d’euros de CA, retraités de l’Energie. On peut dire que Veolia « déroule ».

Synergies : en avance.    Sur la croissance, les activités de distribution d’eau et de ramassage d’ordures ménagères fonctionnent très bien, ce qui permet d’appliquer des mesures d’efficacité de coûts, l’objectif étant de réduire les dépenses d’environ 350 millions d’euros sur l’année 2024. 88 millions d’euros ont déjà été observés au T1 de cette année. Pour ce qui concerne les synergies du fait de la fusion avec Suez, l’objectif est d’arriver à un demi-milliard d’euros cumulés entre 2022 et 2025, elles sont au rendez-vous, de façon régulière. D’ici à 2027, l’entreprise compte avoir une solide croissance organique, EBITDA plus ou moins équivalent à plus ou moins 8 milliards d’euros en 2027 et un dividende qui continue à monter, au-delà des 1,25 euro payés au titre de 2023 au début du mois de mai. Tout cela permettra de réduire la dette à trois fois l’EBITDA, ce qui sera tout à fait supportable. Il est intéressant de constater que la croissance de l’activité de 3,9 % a été constatée malgré un recul de 1 % de l’activité chauffage, du fait de l’impact de la saison, un peu plus chaude que d’habitude. Douze ans avec le SEDIF.  Au T1, il y a eu la récupération d’un contrat de douze ans de 2025 à 2036 avec le SEDIF (Syndicat des eaux d’Ile-de-France), qui va permettre d’ajouter 4 milliards d’euros de CA sur la période pour le traitement des eaux usées de 132 municipalités, pour 4 millions d’habitants. Ce contrat a été récupéré grâce à de nombreuses innovations comme notamment la fibre à nanofiltration combinée par osmose inversée, le traitement de micropolluants, comme les PFAS, les résidus de pesticides… Dans l’Energie, il y a eu acquisition des actifs de Uniper en Hongrie, qui représente 430 MW et le lancement d’un projet de centrale solaire de 300 MW en France, ce qui permettra d’avoir une autosuffisance énergétique d’ici à 2027. Il y a eu plusieurs contrats de signés dans le domaine de l’eau. Notamment un contrat de 296 millions d’euros pour une usine de désalinisation d’eau de mer, à Dubaï, qui permettra de produire de l’eau pour 2 millions d’habitants. Il y a eu également de nombreux contrats de technologies de l’eau à destination d’usines nord-américaines, qui privilégient la réutilisation de l’eau ainsi que les traitements afférents. Dans les synergies de coûts liés au rapprochement avec Suez, 42 millions d’euros ont été obtenus au T1 de 2024 ce qui porte à 357 millions d’euros les synergies accumulées depuis la fusion. C’est au-dessus de l’objectif annuel qui est d’être à 400 millions d’euros.


Plus équilibré dans son activité.

Pour ce qui concerne le plan d’efficacité, qui vise 350 millions d’euros d’économies sur l’année 2024, les 88 millions d’euros récupérés au T1 sont dans la ligne du budget. Veolia est sorti de la Sade, une entreprise qui avait une marge négative, et un CA d’environ 1 milliard d’euros. La valeur d’entreprise retenue pour la sortie auprès de NGE a été de 260 millions d’euros. Cela va mécaniquement faire remonter la marge d’EBITDA. Veolia est désormais beaucoup plus équilibré dans son activité. 20 % du CA concerne la France, 40 % l’Europe hors France et environ 40 % en dehors d’Europe, dont la plus grosse partie en Amérique du Nord. Pour aller du T1 2023 au T1 2024, il y a eu 792 millions d’euros d’abaissement de l’activité liée à la variation des prix de l’Energie et de certains produits recyclables. Il y a eu également un effet de change négatif de 228 millions d’euros, principalement lié à l’effondrement du peso argentin. Cela a nui à une croissance intrinsèque liée à une augmentation des tarifs de 3 %, et un effet des nouveaux contrats à hauteur de +1,6 %. Dans les déchets, à périmètre et à change constants, la croissance a été de 5,5 %, dans l’eau, elle a été de 6,5 %. Dans le chauffage, il n’y a eu qu’une croissance de 1,1 % à l’exclusion des prix de l’Energie, même si le CA publié est tombé de 4,133 milliards à 3,468 milliards d’euros. Dans l’eau, les volumes représentent 3 % de hausse, l’effet tarifaire est de 3,6 %. L’effet périmètre étant négatif à hauteur de 1,6 %, la croissance à taux de change constant a été de 4,9 %.


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