Les pouvoirs de l’iode.
LITTÉRATURE
Depuis les années 50, le grand public, mais aussi toute la communauté médicale mondiale, ont été victimes d'une énorme erreur scientifique, régulièrement colportée depuis, qui martèle que l'iode est toxique. Dans son dernier livre, le docteur Vincent Reliquet explique que « cet oligo-élément nous est totalement indispensable à bonne dose, non seulement pour le fonctionnement de la thyroïde, mais aussi pour celui de nos cerveaux, du système cardio-vasculaire, de l'estomac, de la peau, du pancréas, des organes génitaux, et du système immunitaire. » Ancien médecin urgentiste, le docteur Vincent Reliquet exerce aujourd'hui la médecine générale. Il est co-fondateur de l'AIMSIB (Association internationale pour une médecine scientifique indépendante et bienveillante) et il milite notamment contre l'hyperconsommation médicamenteuse.
Il règne un double discours autour de l’iode et certains affirment qu'il s'agit d'un élément toxique. Pourtant, selon la croyance populaire, il serait nécessaire de se ressourcer au bord de la mer pour bénéficier de l'air iodé : « À partir des années 50, il y a eu deux parutions de chercheurs américains qui ont taillé une croupière à l’iode, en expliquant que c’était un élément toxique pour la thyroïde. À partir de là, on a vécu une longue traversée du désert complètement insensée, avec des idées de toxicité absolument hors sol qui persistent encore aujourd’hui. Si j’écris un livre sur l’iode alimentaire, c’est précisément parce que j’ai été stupéfait de la profusion de désinformation qui pouvait encore circuler entre le milieu scientifique, médical et la presse grand public. »
L’iode alimentaire est le sujet de son ouvrage. D’abord, nous lui avons demandé des précisons sur l’iode : « C’est un élément, comme le carbone, le magnésium ou l’oxygène. C’est un élément qui fait partie des halogénés. C’est important, parce que les halogénés ont des propriétés identiques, et il y a notamment l’iode et tous les isotopes. Il y a l’iode que l’on trouve dans les aliments et l’iode que l’on trouve dans les centrales nucléaires. Cela n’a strictement rien à voir. L’un est un iode 127 complètement stable, pas du tout radioactif, qui donne des propriétés formidables, et l’iode 131 est un isotope radioactif qui sert à fabriquer de l’électricité. Donc, il y a un monde... Dans cette série, vous avez des cousins encombrants, notamment le fluor, un perturbateur endocrinien que l’on connaît très bien, le brome, que l’on utilise énormément dans l’industrie, et les chlorures. Il faut comprendre que l’iode est l’élément d’une série qui se ressemble. Quand on n’a pas d’iode dans un organisme, souvent c’est le brome, le fluor et les chlorates qui s’installent à la place. Donc, on voit arriver des toxicités inattendues, des cancérisations qui sont liées au fait que le brome et le fluor ont pris la place de l’iode dans les cellules. »
Lorsque l'on est en vacances, on s’installe autour d’un plateau de fruits de mer et l'on se dit que tout cela est riche en iode : « C’est assez réducteur. Vous avez quelques aliments qui sont assez riches en iode, encore faut-il ne pas les traiter culinairement. Beaucoup de gens ne savent pas que si l'on chauffe un produit très iodé, l’iode va se vaporiser dans l’atmosphère. Tant que vous mangez cru un produit qui concentre l’iode, vous remplissez déjà deux conditions et c’est parfait. Au Japon, il y a des populations qui mangent de l’iode à tous les repas, puisque ce sont des algues, et ce sont des quantités mille fois supérieures à ce que nous consommons en Europe de l’Ouest. Forcément, ils n’ont pas la même santé que nous, et pas le même niveau intellectuel... C’est un peu douloureux à admettre. »
Sur le site de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation et de l’environnement, il y a un chapitre sur l’iode. On nous explique comment en consommer, parce qu’il est important de le faire, mais ensuite on aborde les risques pour la santé en cas de déficience et, à l'inverse, les effets indésirables en cas d’excès… pour le docteur Reliquet, « c’est la schizophrénie habituelle. Nos élites ont compris qu’une vie sans iode, ou avec très peu d’iode, devenait très rapidement catastrophique pour l’espèce humaine. La carence en iode entraîne des conséquences désespérantes, pas toujours réversibles car, quand vous vivez trop longtemps sans iode, vous accumulez des déficits, je pense surtout au fœtus. Quand une maman a fait neuf mois de grossesse sans iode, son bébé portera définitivement les stigmates de sa carence en iode au moment de son développement. Si la maman avait pris un peu d’algues ou un comprimé tous les matins, le bébé serait nettement plus intelligent, plus grand et avec plus de facultés intellectuelles. C’est affolant. Quand vous prenez un Japonais de base, qui peut manger 500 fois la ration d’iode que l’ANSES préconise, vous comprenez bien qu’il y a un problème. Les Japonais n’ont aucune maladie, voire beaucoup moins que nous, avec parfois même des centenaires. Je démontre qu’il doit y avoir une relation de cause à effet importante entre le cancer du sein et la carence en iode. On m’explique que les cancers du sein sont en augmentation, que c’est le monde moderne, mais les femmes occidentales ont une consommation très faible d’iode. Les femmes ne consomment pas assez d’iode. Il est démontré que quand une femme consomme de l’iode, il y a beaucoup moins de cancers du sein dans les populations. J’accepte que l’on critique mon travail, mais il ne faut pas le négliger, parce que je pense que c’est une piste extraordinaire pour faire baisser très rapidement l’incidence du cancer du sein en Occident. »
Alors, comment se consomme l’iode ? Concrètement, « on ne se pose pas la question de savoir si l'on a un taux de vitamine C optimal si l'on mange 20 oranges bio tous les jours… Donc, comme personne ne mange 20 oranges bio chaque jour, tout le monde se pose la question de savoir si l'on est en carence chronique ou non. Personne ne se posera la question de savoir si vous avez une carence en iode si vous consommez des algues tous les jours, surtout des algues fraîches. Il ne faut pas s’inquiéter du fait que la concentration d’iode dans les urines sera à un très haut niveau, ce qui est logique, puisque le système physiologique est en mesure d’en prélever une partie et de relâcher la partie inutile. Celui qui consomme de l’iode dans son alimentation de tous les jours n’a aucun problème. Comme, en Occident personne ne mange d’algues, on se retrouve face à des carences plus ou moins gravissimes. Ceux qui mangent beaucoup de fruits de mer crus auront probablement peu de craintes à avoir, mais celui qui ne consomme pas de produits laitiers ou d’œufs a tous les risques d’être carencé. L’iode n’apparaît plus que dans les produits laitiers, parce que l’on donne des compléments alimentaires aux vaches, comme aux poules de batterie, donc l’iode du complément alimentaire se retrouve à des quantités extrêmement faibles. Dès lors que l’on est sans œufs, sans lait et sans produits de la mer, on est carencé à 100 %… »
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