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Il incarne la nouvelle génération des philosophes et essayistes qui bousculent le politiquement correct.
LA RENCONTRE DE LA SEMAINE
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Tom Benoît : « On distingue l’Occident du reste du monde par rapport au bon sens et à la capacité de reconnaître le beau du laid. »
Tom Benoît est un jeune philosophe, écrivain et essayiste d’une trentaine d’années. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment « Instinct mimétique et solitude asservie », et il est maintenant connu pour ses interviews percutantes de personnalités politiques sur TV5. Il dirige également le magazine Géostratégie Magazine.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous interrogez souvent sur TV5 des ministres et des personnalités politiques sur des sujets économiques, notamment les conséquences de notre endettement. On a le sentiment que vos interlocuteurs sont parfois un peu perdus…
Tom Benoît : Il y a une distinction très marquée entre l’exercice politique et les représentants politiques nationaux, pour une raison simple : c’est que l’action politique n’est pas logée au sein des organes de décision nationaux, mais plutôt au sein d’organes européens, comme la Banque centrale. Les décisions effectives ne sont pas prises par les députés ou les sénateurs. Effectivement, les ministres n’ont pas les connaissances requises pour exercer leurs fonctions, et c’est problématique. Je ne pense pas qu’un ministre de l’Économie puisse être un personnage interchangeable, car pour diriger les finances publiques d’un pays, il faut être passionné par l’économie et l'on ne peut pas, du jour au lendemain, passer de l’Agriculture à l’Économie, puis à l’Éducation… On voit un Premier ministre de 34 ans, qui n’a jamais été salarié dans une société privée, ni même chef d’entreprise. Il a toujours évolué professionnellement dans des cabinets ministériels, pourquoi pas un jour président de la République de la septième puissance mondiale... C’est un modèle qui ne peut pas marcher.
Certes, mais René Monory qui était un excellent ministre de l’Économie, était garagiste…
Vous avez aussi des personnes plus brillantes que d’autres, ce que Schopenhauer appelait des génies, et c’est ce qui relève de l’exceptionnel. Pierre Bérégovoy était ajusteur en aéronautique et il avait du bon sens. Je parle régulièrement du bon sens, car l’un des socles de notre société occidentale était justement le bon sens, bien avant que les États-Unis existent. On distingue l’Occident du reste du monde par rapport au bon sens et à la capacité de reconnaître le beau du laid, le bien du mal, et la bonne direction de la mauvaise… À ce titre, pour des décisions politiques, comme pour des sensibilités personnelles, on s’aperçoit bien que la bonne et la mauvaise direction existent. Vous pouvez apprécier certains morceaux de musique, comme des chansons de Michel Sardou des années 80, en admettant que ce n’est pas du même niveau qu’une symphonie de Beethoven, donc vous reconnaissez le beau du moins beau, mais pourtant vous éprouvez du plaisir en écoutant Michel Sardou.
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