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Forvia : le désendettement, à bon rythme.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 31 mai 2024 (numéro 1.240) : “ Persécution : tous les prétextes possibles pour nous abattre (5) ”. Bonne lecture !!!
Forvia a annoncé mi-avril vendre une petite filiale, Hug Engineering, au groupe belge Ogepar, pour une valeur d’entreprise d’environ 55 millions d’euros. C’est une activité qui fait actuellement partie de Clean Mobility, de Forvia. Avec la clôture de la cession par Forvia Hella de sa participation dans BHTC, cela amène à environ 250 millions d’euros soit 25 % du deuxième programme de cession annoncé par l’équipementier en octobre 2023. Le désendettement du groupe accélère. A environ 15 euros (14,90 au moment où j’écris cette étude), le groupe Forvia vaut en Bourse un peu moins de 3 milliards d’euros. Le désendettement, c’est un effet de levier pour l’augmentation du cours.
La dette : un souci de tous les instants.
La dette de Forvia est un problème vital pour le groupe. Son travail est le fruit d’efforts constants, au T1, il y a eu pour plus de 1,2 milliard d’euros de nouvelles émissions de manière à étendre la maturité. En effet, le groupe a décidé de travailler sa marge européenne, pour arriver à au moins 7 % du CA en 2028. L’objectif de ce plan supplémentaire de restructuration, qui coûtera 275 millions d’euros sur la période 2024-2028, est de réussir à récupérer un demi-milliard d’euros de marge opérationnelle supplémentaires en Europe. Cela va coûter près de 10.000 emplois sur la période de cinq ans, par un gel des recrutements, une réduction des emplois temporaires, en plus de la l’attrition naturelle. Là où la petite musique de la restructuration avait coûté en moyenne 176 millions d’euros par an entre 2021 et 2023, il y aura un surcoût très significatif en 2024 et en 2025 qui s’atténuera en 2026, 2027 et 2028. L’entreprise a signé pour une coentreprise avec le constructeur automobile chinois Chery dans le développement de cockpits intelligents et durables en Chine. Deux sites de production ont démarré au S1 de 2024, l’ambition est d’arriver à 1 milliard d’euros de CA en 2029. L’objectif est d’avoir une cabine complète, incluant des sièges, l’intérieur et le cockpit, avec de faibles émissions de CO2, pour les matériaux et les process.
Des commandes en grand nombre.
Au T1, il y a eu beaucoup de signatures de prises de commandes, pour 6,5 milliards d’euros, soit 1 milliard d’euros de plus qu’au T1 de 2023. Sur ces commandes, 2,3 milliards concernent l’électronique, 3,6 milliards l’Asie, dont un petit tiers pour les constructeurs chinois. Les contrats nouveaux sont signés avec une profitabilité supérieure à 7 % du CA sur leur durée. Il y a eu notamment un contrat important (supérieur à 1 milliard d’euros) conclu par un fabricant allemand de véhicules premium, dans le domaine du siège. Dans un contexte où la production automobile a reculé de 0,8 % au T1, avec un ralentissement de l’électrification en Europe (du fait de la suppression des subventions en Allemagne principalement), le groupe a très bien fonctionné, réalisant mieux que la performance globale du marché. La surperformance a été de 390 points, ce qui est quand même particulièrement significatif. Les ventes ont reculé de 1,7 % sur les chiffres publiés, mais c’est dû en grande partie à l’effet adverse de l’impact des changes, de -4,2 %, essentiellement lié au peso argentin et au yuan chinois.