Les secrets d’un village d’avenir

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Thomas Blonsky, maire de Chapelle-Royale (Eure-et-Loir) : « L’avenir de nos villages est toujours incertain. »

Chapelle-Royale est l’une des 18 communes d'Eure-et-Loir qui ont été désignées « Village d’avenir » au début de l’année. Le maire Thomas Blonsky, restaurateur de profession, attend de l’aide pour ses projets qui sont nombreux. Il évoque le développement de sa commune.


L’Hebdo-Bourseplus : Comment votre réflexion sur le développement du village est-elle née ?

Thomas Blonsky : Lorsque j’ai été élu en 2008, il n’y avait plus l’école et le boulanger était parti. Je me suis dit qu’il était impossible de voir notre petit village de 300 habitants mourir. Quand je me suis installé dans cette commune, c’est parce qu’il y avait un minimum de vie. Je me suis dit qu’il n’était pas possible de continuer ainsi et qu’il fallait faire quelque chose. Il y a beaucoup de personnes qui critiquent, il y en a peu qui agissent, et c’est de cette manière que je suis engagé dans le développement de mon village.


Quelle est votre recette ?

Il faut être motivé et croire en ce que l’on fait. Par exemple, pour attirer des jeunes, j’ai créé un pôle enfance, un système qui permet d’accueillir les enfants dès 7 heures du matin. Ils prennent le bus pour aller à l’école, on les récupère le soir, on les garde jusqu’à 19 heures et on prend aussi en charge les enfants le mercredi. Or, rien que pour faire cela, j’ai dû me battre. La seule recette, c’est la motivation, car on n’est pas habitué à des choses différentes. Pour moi, tout cela relève du bon sens et, aujourd’hui, nous avons 40 enfants de moins de 12 ans au village. Maintenant, il y a d’autres problématiques. On doit se battre pour trouver des personnes qualifiées en accueil de loisirs et c’est un combat permanent. Cela peut paraître simple pour une grosse structure, mais c’est difficile pour un village comme le nôtre. Un agent, avec les charges sociales, c’est plus de 40 000 € par an. J’ai dû expliquer aux gens pourquoi j’ai dû augmenter les impôts. C’est de cette manière que j’ai pu créer une épicerie communale, ce qui est exceptionnel dans un village de 300 habitants.

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