La vice-présidente du Sénat présente son rapport sur l’utilisation de l’IA par le service public.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Sylvie Vermeillet, sénatrice Union Centriste du Jura : « Avec l’IA, on va plutôt s’orienter vers la fraude organisée, la fraude de grande ampleur. »

Dans le cadre d’un important programme de réflexion du Sénat sur l’intelligence artificielle, la délégation à la prospective vient de publier son rapport thématique sur l’utilisation de l’IA, notamment pour lutter contre la fraude fiscale et sociale. Sylvie Vermeillet, rapporteuse, est sénatrice UC du Jura et vice-présidente du Sénat.


L’Hebdo-Bourseplus : Comment l’intelligence artificielle est-elle utilisée dans le cadre de la lutte contre la fraude fiscale ?

Sylvie Vermeillet : Nous avons commencé par auditionner la direction générale des Finances publiques. Nous sommes dans les tout premiers usages de l’intelligence artificielle, mais je ne sais pas si l’on peut utiliser ce mot, car c’est surtout du data mining, c’est-à-dire l’usage de machines qui interprètent les données de manière exhaustive et à une très grande échelle. Il y a eu une première tentative avec le cadastre et, quand vous analysez le plan de lutte contre la fraude, je pense que la DGFIP est prête pour les cryptomonnaies. Ils vont passer à une autre étape.


Lorsque l'on traite de ce sujet, on est partagé : on est tenté de penser que c’est efficace pour lutter contre la fraude, mais il y a aussi une partie de nous qui reste très attachée aux libertés individuelles et cela fait un peu peur…

C’est très juste. Dans le cadre de la DGFIP, tout est interne. Quand nous avons auditionné la sphère sociale, notamment l’URSSAF, ils étaient beaucoup plus prudents, en nous expliquant que c’étaient des données sensibles. La DGFIP a bien expliqué que chaque fois qu’il y avait des anomalies, c’était la machine qui proposait, mais c’était toujours un humain qui décidait de poursuivre ou non. Ce que je trouve rassurant, c’est que tous les développements sont internes, puisque ce sont des data scientists de la DGFIP qui mettent au point leurs logiciels. Aucun cabinet extérieur n'existe.

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