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Survivalisme. Apprendre à survivre à la peur.
LA RENCONTRE DE LA SEMAINE
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Piero San Giorgio : « Il ne faut pas s’énerver pour des choses qui sont en dehors de notre ressort. »
Le nouveau livre de Piero San Giorgio figure une nouvelle fois en tête des ventes. Le maître des survivalistes évoque les guerres, l’inflation, les crises financières, les pandémies, les violences, les pénuries, l’insécurité… Dans ce contexte, avez-vous suffisamment de contrôle sur vous-même pour survivre à une crise majeure ? Depuis la crise sanitaire, beaucoup de gens ont perdu confiance dans les institutions. Cette séquence aura également révélé notre incapacité à dominer notre peur. Ce qui a provoqué aveuglement, désorganisation, crédulité, aliénation, sujétion, hystérie, exclusion, guerre civile larvée, fanatisme, voire folie et illusion… Or, cela pourrait être pire la prochaine fois !
« Survivre à la Peur » de Piero San Giorgio est publié chez Culture & Racines.
L’Hebdo-Bourseplus : Pourquoi, depuis quelques années, nos dirigeants politiques entretiennent-ils ce climat de peur ? Pourquoi y sommes-nous aussi sensibles ? À l’époque du Mur de Berlin, comme lors de la crise des missiles de Cuba, les dirigeants politiques n'ont pas utilisé ces événements pour contrôler les populations : qu’en pensez-vous ?
Piero San Giorgio : C’est une remarque fort judicieuse. La peur est une émotion primaire. C’est un réflexe qui nous aide à faire face à des dangers soudains, parfois on peut se tromper, tout cela est fait pour nous aider. Quand on prolonge cela dans le temps, et quand c’est constant, avec ce rajout quotidien de nouvelles peurs, comme le nombre de morts de la Covid ou le risque d’un attentat terroriste, notre corps subit une réaction psychologique et cela nous épuise. La réaction à la peur, c’est souvent la fuite ou le combat.
Il y a, bien sûr, d’autres réactions, mais lorsque cela devient de l’angoisse, la réaction se transforme en immobilisation ou en soumission. C’est ce qui explique d’ailleurs l’épidémie d’antidépresseurs en Occident. Avant 2010, ou 2020, les hommes de pouvoir qui nous faisaient peur proposaient aussi une solution : « Votez pour moi, je vais vous protéger, je vais négocier avec les Soviétiques pour que cette crise de Cuba s’arrête… » Tous les gens qui ont vécu cette époque s’en souviennent. Mais aujourd’hui, on ne nous propose plus de solutions. On doit avoir peur, on doit se soumettre et c’est bien une dérive. La crise économique est au rendez-vous, l’inflation va augmenter, les pénuries sont de plus en plus fréquentes, les services sont de plus en plus dysfonctionnels, on est confronté à de la violence gratuite...