ArcelorMittal : une affaire inoxydable !

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 2 mai 2024 (numéro 1.236) : “ Persécution : tous les prétextes possibles pour nous abattre (5) ”. Bonne lecture !!!

ArcelorMittal, c’est une entreprise familiale, détenue à environ 40 % par le holding de la famille Mittal, mais qui est numéro 1 mondial dans la sidérurgie. C’est une entreprise souple, qui évolue assez rapidement. En Italie, elle détenait 62 % du capital de la société anciennement Ilva, elle s’est retrouvée plus ou moins expropriée, du fait d’une décision du gouvernement italien, il y aura un certain nombre de procédures, afin de retrouver à minimum l’argent investi dans cette affaire lourdement déficitaire.


Morosité.

Depuis quelques semaines, le titre est plutôt à la peine, il y a eu une étude de Deutsche Bank, qui soulignait la morosité de la demande sur bon nombre de marchés stratégiques du groupe, notamment avec une faiblesse de l’activité industrielle en Chine qui contribue à la fois sur le secteur de l’acier et sur celui du minerai de fer. Cela a ramené le cours de Bourse en dessous de 24 euros. Au début du mois de mars, ArcelorMittal a remplacé le fonds Apollo dans le capital de Vallourec, rachetant sa participation de 28,4 % des actions à un prix de 14,64 euros, c’est plutôt une bonne affaire, puisque Vallourec vaut 17 euros désormais. En Amérique du Nord, le groupe vient de voir être subventionné à hauteur de 280,5 millions de dollars son investissement à Calvert (Alabama), une usine nouvelle qui pourrait fournir jusqu’à 150.000 tonnes de capacité de production nationale d’acier électrique à grain non orienté (NOES) annuellement. Désormais, puisque la dette nette est proche de zéro (2,9 milliards de dollars), l’entreprise peut consacrer ses ressources à la fois à des investissements, de l’ordre de 4,5 à 5 milliards de dollars par an, et à d’autres projets, comme tout simplement un retour vers les actionnaires, sous forme de dividende, avec une augmentation en deux ans de 0,38 à 0,50 dollar par action, ou encore de rachat d’actions sur le marché.


Réduction du capital.

La réduction du nombre des actions en circulation a été de 33 % depuis fin septembre 2020, soit un effort particulièrement conséquent. Bien évidemment, le résultat net ajusté varie en fonction de l’EBITDA par tonne d’acier produit. On était à presque 350 dollars d’EBITDA par tonne d’acier produit en fin d’année 2021, on n’est plus qu’à 157 dollars en fin d’année 2023, ce qui explique que le résultat net ajusté soit revenu d’un peu moins de 15 milliards de dollars à 4,9 milliards de dollars au 31 décembre 2023. Le tréflux, pour sa part, reste très raisonnable et largement positif avec 2,9 milliards de dollars. Le groupe ArcelorMittal veut se décarboner, pour aboutir à une production d’acier à faibles émissions. En 2023, il a sécurisé pour 1.700 MW de projets en énergies renouvelables, dont 130 MW en Argentine, 1GW en Inde, et 554 MW au Brésil.

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