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Dette : un problème de dépenses ou de recettes ?
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Stéphane Sautarel, sénateur LR du Cantal : « L’heure n’est pas du tout à l’augmentation de la pression fiscale. »
Stéphane Sautarel est sénateur LR du Cantal et vice-président de la commission des Finances du Sénat. Il revient sur le problème de la dette en réagissant aux propos d’Emmanuel Macron, qui estime qu’il faut agir sur les recettes et non sur les dépenses, ce qui implique une hausse des taxes et des impôts. Selon Stéphane Sautarel, les impôts se situent déjà à un très haut niveau et il est donc préférable d'agir sur les dépenses.
L’Hebdo-Bourseplus : Quelle photographie faites-vous de la situation économique de notre pays ?
Stéphane Sautarel : La situation est inquiétante. Il y a un problème de compétences, peut-être de sincérité, car les éléments que nous avons pu collecter, à la suite de la mission de contrôle sur pièces à Bercy, indiquaient que dès le mois d’octobre 2023, les hypothèses de croissance n’étaient pas celles du gouvernement. Pour autant, on n’a absolument pas freiné la dépense, contrairement à ce que peut prétendre le ministre des Comptes publics, car ce sont des dépenses exceptionnelles qui ont été arrêtées, et non pas des dépenses structurelles. Aujourd’hui, on est à 1000 milliards de dépenses supplémentaires depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron. C’est un sujet d’addiction à la dépense et tout cela nous précipite dans des déficits abyssaux. Tous les voyants sont au rouge et j’ajoute que notre taux de prélèvements est le deuxième de l’OCDE, après le Danemark.
Le gouvernement semble toujours se complaire dans l’illusion que la croissance économique permettra de compenser les déficits…
C’est ce que l’on entend. J’ai cependant noté une dissonance entre le président de la République et le ministre de l’Économie. Bruno Le Maire reste sur des artifices d’annulations de crédits, en faisant fi de toute procédure parlementaire, et il continue de miser sur la croissance. Les bras m’en tombent ! Je viens d’entendre, par exemple, que l’on allait avoir une prise en charge des chariots pour les personnes handicapées. Il y a aujourd’hui un reste à charge de 5 000 € par chariot, or la demande concerne un million de Français. Donc, cela représente 5 milliards ! On est dans un double langage permanent et c’est ce qui explique cette perte de confiance dans la parole publique.
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