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Test du support du canal haussier à moyen terme
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Les principaux indices de place ont poursuivi leur mouvement de repli au cours de la semaine écoulée. La forte vague haussière commencée au creux du mois d’octobre 2023 était assise en grande partie sur l’hypothèse d’une baisse des taux significative de la part des Banques centrales et en partie sur les bons résultats trimestriels des grands groupes multinationaux. Jusque-là, les marchés actions et les marchés obligataires y croyaient ferme, entrainant une étonnante forte détente sur les taux d’intérêt négociés sur les marchés de la dette publique. Depuis peu, ces taux repartent brusquement à la hausse échaudés par la non-réalisation du scénario rose espéré et aggravé par l’accroissement des déficits publics et par conséquent de la masse globale de la dette publique à travers le Monde. En France tout particulièrement, après les chiffres définitifs cataclysmiques sur les déficits de 2023, l’inquiétude monte parmi les politiques, ce qui est très inhabituel. La raison en est simple : les très influents instituts de notation comme Standard and Poor’s, Moody’s et Fitch ne devraient guère tarder à délivrer publiquement leurs verdicts, négatifs sauf surprise de taille. La pression sur les taux de la dette française commence à se faire sentir et le Cac 40 en subit bien sûr les conséquences techniques. Les Banques et les compagnies d’assurance sont les premières à financer les émissions du Trésor avant leur transfert partiel vers d’autres détenteurs publics et privés.
Pour le moment, aussi bien la hausse des taux obligataires que la baisse du Cac 40 se font de manière contenue et contrôlée, afin de préserver un certain équilibre de ces marchés. La différence avec le passé dans les mêmes circonstances de changement de tendance, se situe dans les volumes et les montants en jeu qui au fil du temps ont cru crescendo jusqu’à la démesure. Ces intervenants intermédiaires ont-ils les reins suffisamment solides pour absorber les prochaines émissions obligataires du Trésor qui auront pour objectif de financier à la fois la nouvelle dette correspondant aux 5,5 % du déficit 2023 et le renouvellement des anciennes tranches arrivant à échéance ? Sans le concours massif d’institutions étrangères, l’équation aura du mal à être résolue, ce qui entrainerait une nouvelle et très forte poussée sur les taux. Comme un problème ne vient rarement seul, la croissance ne sera pas au rendez-vous en 2024 pour contribuer à l’augmentation des recettes fiscales. La tentation de faire « contribuer » les grandes sociétés cotées n’est pas du tout à écarter. La correction actuelle intervenue sur l’indice Cac 40 et ses principales composantes ne semble guère suffisante dans ces conditions, compte tenu du niveau historique extrêmement élevé sur lequel la plupart de ces sociétés capitalisent en Bourse.
Pour le moment, l’effet d’entrainement auto-alimentant la baisse n’est pas encore visible, laissant supposer que la correction en cours n’en est qu’à ses débuts. Comme beaucoup de monde a acheté très cher, notamment à travers les trackers indiciels, il y aurait forcément beaucoup de gros perdants avec une panique potentielle si la spirale baissière venait à s’enclencher. Les algorithmes de trading guettent par ailleurs l’occasion de s’engouffrer dans une telle brèche aussitôt ouverte. Sur le plan technique, la correction se déroule toujours dans l’ordre avec des cours évoluant dans ce nouveau canal baissier secondaire. Ils contactent actuellement la ligne de support du canal haussier à moyen terme, passant autour de 7.880 points et sur lequel ils semblent rebondir jusqu’à présent. On surveillera attentivement toute cassure de ce niveau qui est susceptible d’être exploitée par les algos et entrainer une accélération rapide de la baisse vers la zone de 7.700 à 7.600 points où se situe l’ancienne zone de résistance horizontale majeure à long terme de 2023 qui aura alors un rôle de soutien intermédiaire.
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