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Pernod Ricard : avis de vent frais !
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 26 avril 2024 (numéro 1.235) : “ Persécution : tous les prétextes possibles pour nous abattre (5) ”. Bonne lecture !!!
Pernod Ricard, c’est le numéro 2 mondial pour ce qui concerne la production et la commercialisation de vins et spiritueux, avec un axe plus particulier sur le premium. Dans les spiritueux et champagnes de marques stratégiques internationales, qui représentent près des deux tiers de l’activité, il y a les marques Absolut (12,7 millions de caisses vendues en 2022-2023), il y a le whisky irlandais Jameson (10,7 millions de caisses), il y a le whisky Ballantine’s (8,8 millions de caisses), il y a le Chivas Regal (5,1 millions), la liqueur Malibu (4,7 millions), le fameux Ricard (4,4 millions de caisses), le rhum cubain Havana Club (4,3 millions de caisses), le gin Beefeater (3,7 millions), le cognac Martell (2,4 millions), le whisky The Glenlivet (1,6 million de caisses), le champagne Mumm (0,6 million de caisses), le whisky Royal Salute (0,3 million de caisses), et enfin le champagne Perrier-Jouët (0,3 million de caisses).
Pléthore de marques.
Un peu moins d’un cinquième du CA vient des spiritueux de marques stratégiques locales comme Seagram’s, Kahlua, Olmeca, Seagram’s Gin, Ramazzotti, Imperial, Pastis 51… Il y a aussi bien sûr les spiritueux plus spécialisés, comme le Lillet, le Pernod, la Suze… Bien sûr, pour avoir les chiffres les plus « à la page », il faudra attendre le 24 avril prochain, pour la publication des chiffres du T1 de l’année 2023-2024 qui se terminera le 30 juin. Au T1, cela a été un peu la soupe à la grimace. Les ventes ont été à -7 % (-3 % à taux de change et à périmètre constants), et, bien évidemment, cela pèse sur la marge opérationnelle. Sur le S1 de l’exercice, comme le résultat opérationnel a reculé de 12 % (-3 % en organique), il faut savoir que le tréflux a été divisé par trois à seulement 301 millions d’euros. Du coup, le ratio dette nette sur EBITDA est passé de 2,6 à 3,3 fois, ce qui montre une dégradation significative du bilan.
Les volumes n’ont pas été au rendez-vous.
Quoi que l’on dise, en Europe, avec -4 %, mais surtout en Amérique du Nord avec -7 %, les volumes n’ont pas été au rendez-vous. Il n’y a qu’en Asie, où les ventes représentent 43 % du CA, que l’augmentation a été de 1 %. Alors le groupe Pernod Ricard s’est attaché à démontrer que tout allait très bien, Madame la marquise ! Du coup, on a pris comme base de comparaison le S1 de l’année 2020-2021, ce qui permet de démontrer que, après une hausse significative au S1 de 2021-2022 et au S1 de 2022-2023, ce S1 de 2023-2024 n’est pas si mauvais que cela ! Le groupe a investi, comme d’habitude, de façon impressionnante en ce qui concerne le développement de ses marques, via des campagnes publicitaires notamment pour le cognac Martell en Chine. Beaucoup plus intéressant, il travaille au lancement de The Chuan, un pur malt whisky issu du terroir chinois. Créer une marque de whisky chinois, ce n’est pas imbécile. La question est de savoir quel sera le succès, ou non, puisque la stratégie prix a été plutôt assez élitiste pour The Chuan.