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Un marché immobilier en quête de reprise.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Yann Jéhanno, président de Laforêt Immobilier : « Une partie importante de la récession et du trou du budget de l’État est liée à cette panne du marché immobilier. »
La dernière étude de Laforêt Immobilier indique que le marché immobilier connaît un « frémissement prometteur dans un paysage encore marqué par des tensions persistantes ». Le mois de janvier a démarré plutôt calmement, avant de céder la place à une reprise graduelle de l’activité : « La baisse des prix amorcée l’an dernier se poursuit et s’accompagne d’un regain dans la production de crédits, avec + 8,5 % de prêts accordés à fin février 2024 ». Toutefois, malgré ces signaux encourageants, le marché peine à surmonter les obstacles structurels : « des réglementations environnementales strictes, malgré un assouplissement du DPE pour les petites surfaces, une construction toujours à l’arrêt, ainsi que des conditions d’octroi de crédit à l’habitat, imposées par le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF), toujours aussi restrictives. »
L’Hebdo-Bourseplus : Votre dernier rapport indique que la situation ne s’améliore pas, toutefois vous commencez à entrevoir un léger mieux. Est-ce la fin de la tempête ?
Yann Jéhanno : On est aujourd’hui dans un marché qui connaît un frémissement et c’est un mot que l’on entend très régulièrement dans notre réseau. Il y a eu la baisse des prix en 2023, de l’ordre de - 3,9%, cela se poursuit depuis le début de l’année à hauteur de - 1,2%, ensuite il y a la baisse des taux, qui sont maintenant sous la barre des 4 %, et l'on observe que les banquiers sont un peu plus enclins à prêter. Donc, les projets immobiliers redémarrent. Les Français sont un peu plus enclins à pousser les portes de nos agences. Mais, de manière structurelle, rien n’a changé. En effet, la promotion immobilière et la construction sont toujours totalement en berne, le logement est toujours matraqué fiscalement, il est de plus en plus difficile de s’y retrouver et, tant qu’il n’y a pas de décisions structurelles, il n’y a aucune raison pour que les choses changent vraiment. Nous sommes sur un marché qui tourne à un régime raisonné, avec des prix qui ne vont pas baisser, en raison d’un rapport déséquilibré entre l’offre et la demande. C’est une fenêtre favorable, peut-être que le marché va continuer de la sorte, mais on est loin d’une reprise en fanfare.
Peut-on opposer l’offre et la demande alors que l’offre entraîne souvent une nouvelle demande, puisque lorsqu'une personne vend un appartement, c’est souvent pour en acheter un autre ?
Tout est corrélé pour ceux qui sont déjà propriétaires. On achète une grande maison quand on a des enfants. Ensuite, lorsque les enfants sont grands, on veut un appartement plus petit en centre-ville. Il ne faut pas oublier qu’il y a d’autres catégories d’acquéreurs sur ce marché, notamment les primo-accédants qui n’ont rien à vendre. Il y a aussi les investisseurs qui cherchent à générer des compléments de revenus et qui n’ont pas l’intention de se séparer de leur immobilier. La moitié du marché est tenue par les secundo-accédants, mais l’autre partie est tenue par les investisseurs et les primo-accédants.
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