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Un député LR accuse Emmanuel Macron d’avoir plongé la France dans la faillite.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Fabien Di Filippo, député LR de la Moselle : « Emmanuel Macron a eu l’irresponsabilité de nous placer en situation de devoir faire des réformes que nous n’aurons pas choisies. »
Fabien Di Filippo est député LR de la Moselle et secrétaire de la Commission des finances de l’Assemblée nationale. Le ton monte après les dernières découvertes des sénateurs sur la situation économique de notre pays. Les députés veulent lancer une commission d’enquête, notamment pour savoir si le gouvernement a menti délibérément ou non.
L’Hebdo-Bourseplus : On entend formuler de nombreuses alertes, depuis une trentaine d’années, sur la situation de nos finances publiques. Malheureusement, cela n'a jamais été pris au sérieux. Quelle photographie faites-vous de notre situation actuelle ?
Fabien Di Filippo : Même si cette trajectoire a continuellement dérivé, il y a des phases importantes. La première rupture date de la fin du budget en excédent. Ensuite, il y a le moment où nous étions sur la trajectoire d’autres pays, y compris de l’Allemagne, avec des courbes qui se suivaient de près. Quand François Hollande est devenu président, à la sortie de la crise financière, on a clairement vu le décrochage. Les Allemands ont rétabli leurs finances publiques, alors que nous avons continué de dépenser davantage. Depuis Emmanuel Macron, c’est encore plus grave. L’inquiétude que l’on observe aujourd’hui est liée au fait que c’est la trajectoire, les charges de remboursement et la soutenabilité de la dette, qui n’est plus sous contrôle. Depuis Emmanuel Macron, c’est 1000 milliards de plus : c’est quand même 50 % de la quantité totale de dettes qu’avait la France dans son histoire ! Il y a un autre aspect plus technique, mais qui est aussi politique. Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir dans une conjoncture économique mondiale favorable, qui masquait beaucoup de choses, et il pensait que l’investissement public allait conduire à une croissance qui nous permettrait d’absorber ces déficits. Or, à partir du moment où la conjoncture économique s’est retournée, avec une perte de compétitivité de notre économie, la situation a complètement dérapé. Les taux d’intérêt n’étaient plus nuls et, à 3,5 %, la charge d’intérêts de la dette va devenir le premier budget de l’État avant la fin du deuxième quinquennat. C’est gravissime. C’est comme si chaque citoyen, au moment de faire son budget au début du mois, mettait 20 % de côté pour payer des intérêts, même pas le capital. Donc, on ne peut pas vivre de cette manière.
Le gouvernement répond qu’il y a eu la crise sanitaire et que tout le monde a dû être aidé…
Il y a eu beaucoup de dépenses dans la perspective de la réélection d’Emmanuel Macron. Donc, il ne s’agissait pas simplement de sauver l’économie. L’économie des pays voisins ne s’est pas effondrée et ils ont eu des aides beaucoup plus ciblées au moment de la Covid. Avec la crise énergétique, nous aurions dû avoir un avantage compétitif énorme grâce à notre parc nucléaire, or nous nous sommes effondrés autant que les autres. Tout simplement parce que les décisions prises par Emmanuel Macron et Nicolas Hulot ont gravé dans le marbre de la loi la fermeture de 14 centrales nucléaires. Il y a quand même ce phénomène de décisions successives qui sont dramatiques. On ne peut pas dire que nous n’avions pas le choix, on ne peut pas dire que tout a été bien fait, d’autant plus que d’autres pays ont été capables de mettre certaines choses au carré. On voit bien que notre déficit ne s’est jamais rétabli. Comment expliquer qu’en termes de poids de la dette, nous soyons les avant-derniers de la classe au sein de l’Union européenne ? Par rapport à toutes les prévisions, nous avions alerté très tôt, dès l’été dernier, sur le fait que tout cela était beaucoup trop optimiste. Le gouvernement se basait sur un retour de la croissance. Malheureusement, cette méthode Coué ne fonctionne plus. Le problème est structurel.
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