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TotalEnergies : un centenaire qui se porte très bien.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 12 avril 2024 (numéro 1.233) : “ Persécution : tous les prétextes possibles pour nous abattre (4) ”. Bonne lecture !!!
Le 28 mars 2024, Total a eu 100 ans. Bien évidemment, tout le monde n’en a pas parlé, mais il est quand même très intéressant de constater qu’une entreprise française, née il y a cent ans, persiste à faire son job : fournir de l’énergie à un pays qui n’a pas de pétrole. Le 28 mars 1924, la Compagnie française de Pétrole a été créée dans une France qui n’avait pas de pétrole ! Contrairement à tous les concurrents de l’époque, le groupe Total n’avait pas les ressources domestiques, il s’est tourné vers l’international et la technologie, pour faire la différence. Tout au long du XXe siècle, en fusionnant avec Petrofina puis avec Elf Aquitaine, et encore, récemment, avec Maersk Oil, Saft, Direct Energie… le groupe TotalEnergies est devenu une entreprise puissante dans son secteur d’activité, le pétrole et le gaz, mais aussi dans l’électricité décarbonée, qui devient le système énergétique de demain. TotalEnergies est présent dans 130 pays, y emploie près de 100.000 collaborateurs qui détiennent un peu plus de 8 % du capital de l’entreprise.
A l’origine, l’Irak.
A l’origine, il y a eu l’Irak, dès 1927, puisque la France disposait de droits prioritaires d’exploitation du pétrole du nord de l’Irak, suite à la guerre de 1914-1918. A la fin de l’année 2023, TotalEnergies était une entreprise quasiment pas endettée ! Le désendettement a été rapide, malgré la distribution d’un dividende trimestriel, et le rachat d’un certain nombre de titres sur le marché. La production énergétique a été au sommet en 2023, correspondant exactement aux objectifs, à plus ou moins 2 % près. Le groupe a sorti une production en hausse de 2 % à 2,48 millions de barils d’équivalent pétrole par jour, et a augmenté de 9 % sa production de gaz de pétrole liquéfié. On ne le sait pas trop, mais la production d’électricité était de 19 TWh, soit une performance particulièrement significative pour un acteur entré récemment dans la production électrique. La production de méthane a été divisée par presque deux depuis 2020, ce qui est très largement au-delà des objectifs de -30 % environ. Grâce à une très bonne rentabilité, le groupe est en capacité d’augmenter de façon significative ses investissements, à 35 % dans l’énergie décarbonée, à 34 % dans de nouveaux projets, le reste étant dans la maintenance. La maintenance du pétrole comme du gaz est essentielle dans ce métier, de manière à continuer la production d’année en année.
Une production en dollars.
Bien sûr, la comptabilité de TotalEnergies est effectuée en dollars, qui est la monnaie du pétrole. Cela veut dire donc que le groupe investit des milliards de dollars, de manière à récupérer toujours davantage de pétrole dans son portefeuille. Les réserves représentent une espérance de production de douze ans, pour ce qui est prouvé, et jusqu’à dix-huit ans pour ce qui est prouvé plus ce qui est probable. Le coût de la production est de l’ordre de 5 dollars le baril, en 2024, l’objectif est de descendre sous cette barre. C’est certainement l’un des plus bas si ce n’est le plus bas de tous les grands opérateurs pétroliers qu’il s’agisse d’Exxon, Shell, Chevron ou encore BP. En 2023, le groupe TotalEnergies a remplacé son exploration via des réserves nouvelles qui représentaient 141 %. Ce qui est très intéressant, c’est de voir à quel point TotalEnergies connaît une croissance rapide en ce qui concerne la production d’énergies renouvelables. De 7 TWh en 2021 (sur 21 TWh de production électrique totale) on est passé à 19 TWh sur 33. Le retour en direction des actionnaires, via les rachats d’actions, via également les autres opérations comme le versement d’un dividende positionnent TotalEnergies au deuxième rang des entreprises pétrolières sur les cinq dernières années, soit un revenu moyen de 12,6 %.