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Gros plan sur l’activité des business angels en 2023.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jacques Meler, coprésident de France Angels : « On essaye toujours de chercher la pépite qui va grandir. »
Alors que les montants des levées de fonds ont très significativement baissé en 2023, dans un contexte de repli de l’économie mondiale, le capital-amorçage tire son épingle du jeu. Ce dynamisme contribue à faire émerger une nouvelle génération de start-up dans des secteurs en pointe comme la santé, la défense ou la cybersécurité. Signe de la bonne santé de l’investissement dans notre pays, la French Tech a levé 9 milliards en 2023, un montant certes pour 30 % inférieur à celui levé en 2022, mais près de deux fois supérieur au niveau enregistré avant la pandémie (5 milliards), qui place maintenant la France comme second pays européen en capital-risque tant en montants levés qu’en nombre d’opérations, après la Grande-Bretagne, mais devant l’Allemagne. Les refinancements ont été particulièrement en hausse (195 opérations, contre 116 en 2022), avec un total de 21 M€, soit presque deux fois plus que l’année précédente. Le numérique reste le principal secteur d’investissement (34 %), suivi de la santé (25 %) et des biens de consommation (9 %). France Angels fédère plus de 65 réseaux de business angels sectoriels, affinitaires ou territoriaux.
L’Hebdo-Bourseplus : Qu’est-ce qu’un business angel ? Celui qui investit quelques milliers d’euros dans la start-up de son cousin est-il considéré comme un business angel, au même titre que s’il s’agissait de Xavier Niel ou de Bernard Arnault ?
Jacques Meler : À partir du moment où vous investissez dans une entreprise innovante, avec un potentiel de croissance, vous êtes un business angel, ce qui signifie que vous êtes là pour investir de l’argent et accompagner l’entreprise pour l’aider à s’épanouir. Nous représentons les réseaux de business angels qui sont répartis dans toute la France. Il y en a une soixantaine. Certains sont purement géographiques, donc sur un territoire, d’autres sont thématiques et couvrent un secteur précis, comme la santé, l’agriculture ou la défense. Les statistiques que nous publions sont le reflet de l’activité de nos membres.
On observe une baisse sur les premiers tours : est-il devenu plus difficile de créer son entreprise innovante aujourd’hui ?
Aujourd’hui, nous sommes dans un contexte particulier et la start-up ne va pas lever des fonds la première année de sa création. Il faut que l’entreprise procède à un certain nombre de développements avant de lever des fonds, ce qui signifie qu’il y a un décalage entre la date de création et la première levée de fonds. Or, il y a deux ans, nous étions en pleine crise sanitaire. C’est ce qui explique le creux actuel des premiers tours, puisqu’il y a eu très peu de créations d’entreprises lors de la crise de la Covid. On observe une augmentation des seconds tours, parce que le marché des capitaux a été plus difficile sur les levées importantes et les fonds d’investissement se sont retirés du marché risqué que nous représentons. Donc, ce sont les business angels qui ont dû soutenir les entreprises au cours des premiers tours, en attendant de meilleures conditions de marché.
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