Comprendre les enjeux politiques de l’intelligence artificielle.

EN DIRECT AVEC...

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Mireille Clapot, députée apparentée Renaissance de la Drôme : « Il faut que l’Europe ait une véritable politique publique en matière de données. »

Mireille Clapot souhaite une Europe forte dans le domaine de l’intelligence artificielle : « Cette compétition mondiale ne doit pas rester l’affaire des seules grandes puissances que sont les États-Unis et la Chine. L’Europe y a toute sa place, avec ses champions, ses start-up et ses grandes entreprises, ses jeunes entrepreneurs et ses cadres aguerris, ses femmes et ses seniors, avec ses propres jeux de données – afin que l’intelligence artificielle générative dise bien que l’avion fut inventé par Clément Ader, et non par les frères Wright, comme l’affirment les données collectées aux États-Unis ! – et avec un objectif de communs numériques, afin que l’intelligence artificielle soit accessible à tous. » C’est le sujet que nous évoquons avec Mireille Clapot cette semaine.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes peu nombreux, à l’Assemblée nationale comme au Sénat, à vous occuper de cette question si sensible de l’Intelligence artificielle. Est-ce parce que certains de vos collègues estiment que cela ne les concerne pas encore ?

Mireille Clapot : Sur le numérique, il y a maintenant davantage de parlementaires qui s’occupent de ce sujet. J’ai été présidente de la Commission supérieure du numérique et des postes, de 2021 à 2024, et j’ai pu m'apercevoir, depuis 2017, que beaucoup de nos collègues, souvent issus de la société civile et du numérique, s’intéressaient à ce sujet. Mais c’est un sujet très large, puisque cela couvre les télécoms, les infrastructures, le très haut débit, la cybersécurité ou l’inclusion numérique. Maintenant, il y a l’intelligence artificielle. Je crois que les choses ont changé très vite. C’est une révolution technologique avec des impacts nombreux. C’est un vecteur de transformation de la société et les parlementaires seront donc de plus en plus nombreux à travailler sur ce point. Je suis consciente d’être l'une des rares femmes à porter ce sujet.


Pendant longtemps, il y a eu cette distinction entre le contenu et les tuyaux en termes de régulation des médias. Peut-on considérer que l’intelligence artificielle doit être régulée comme un média ?

La régulation se fait progressivement et à plusieurs niveaux. Je suis à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, qui travaille sur les questions de droits humains, et l’ONU va aussi travailler sur ce sujet. Il y aura une agence de régulation européenne qui sera déclinée au niveau national. Est-ce un nouveau média ? Je n’ai pas entendu cela. Je préfère parler d’outil, c’est un mot plus vaste. Donc, c’est un outil qu’il faut regarder de très près dans ses conséquences. Ne mettons pas en place des régulations et des procédures lorsque l’impact est positif et que cela n’induit pas de précautions à prendre pour l’ensemble de la société.

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.