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Escalade du conflit en Ukraine : un éditeur attaque en justice le secrétaire général de l’OTAN.
LA RENCONTRE DE LA SEMAINE
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Patrick Pasin : « Monsieur Stoltenberg a menti et cela a précipité la guerre. »
Patrick Pasin, directeur des éditions Talma, détaille les raisons qui l'ont amené à déposer une plainte pénale contre le secrétaire général de l’OTAN, le norvégien Jens Stoltenberg. Son analyse est intéressante car il aborde de nombreux éléments, qui ne sont pas évoqués dans les médias français, sur les origines de cette guerre et le comportement de l’Ukraine. Dans quelques années, pourra-t-on faire un parallèle avec la désinformation instillée à l'encontre de l’Irak ? Personne ne le sait encore. En attendant, nous avons recueilli les commentaires de Patrick Pasin.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous venez de déposer plainte contre Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN, pour avoir menti sur différents événements, ce qui a entraîné la guerre en Ukraine et constitué une atteinte directe aux droits et libertés des citoyens français. Comment avez-vous été amené à travailler sur ce dossier ?
Patrick Pasin : Je m’intéresse à la géopolitique depuis longtemps. Je suis allé assez souvent dans les pays de l’Est. Pas en Ukraine, mais l’année dernière j’ai publié un livre « Guerre en Ukraine : la responsabilité criminelle de l’Occident » et, quelques mois auparavant, j’avais publié le livre d’une jeune romancière du Dombass, Faina Savenkova, qui a 15 ans et habite à Lougansk. Depuis l’âge de 12 ans, elle est inscrite sur un site horrible, géré par les services de renseignements ukrainiens, qui liste tous les ennemis de l’Ukraine qui sont à abattre. Depuis l’âge de 12 ans, elle s’est retrouvée sur la liste des ennemis de l’Ukraine, parce qu’elle avait participé à un concours de littérature russe. Évidemment, cela viole tous les droits de l’homme. Sur cette liste, il y a également des journalistes français, des hommes et des femmes politiques, Ségolène Royal aussi, tout simplement pour avoir dit qu’il fallait peut-être écouter les Russes… Je m’intéresse à cette région depuis longtemps, car j’ai toujours pensé qu’elle serait l’outil pour entrer en guerre contre la Russie.
Si vous interrogez la plupart des Français, ils vous répondront que c’est la Russie qui est entrée en guerre contre l’Ukraine. Comment arrivez-vous à démontrer l’inverse ?
D’abord, ce que l’on raconte aux Français ne démarre que le 24 février 2022. Je viens d’écrire à Gérard Larcher, président du Sénat, qui dit que l’Ukraine s’est fait agresser par la Russie : c’est très étonnant, car c’est le deuxième personnage de l’État, d’un pays qui était censé garantir les accords de Minsk. Ces accords devaient assurer la paix entre l’Ukraine et les régions séparatistes. J’explique, dans ma plainte, que le premier agresseur, c’est l’Ukraine. On comprend cela quand on reprend la chronologie. En février 2014, il y a la révolution de Maïdan. C’est un renversement du président élu, pro-russe, qui n’était pas un modèle de gouvernance non plus. Rapidement, les deux régions séparatistes du Dombass annoncent la création de républiques indépendantes, ce qui est tout à fait autorisé en vertu du droit international, puisque la Charte des Nations Unies reconnaît expressément le droit des peuples à l’autodétermination. Par exemple, quand la Yougoslavie a explosé, on a tenu compte de la volonté des peuples. En 2014, l’indépendance de ces deux républiques du Dombass n’est pas reconnue par la Russie. L’Ukraine déclenche une opération antiterroriste, c’est comme cela qu’ils ont appelé ces opérations. Tout cela a débouché sur l’accord de Minsk 1, qui n’a même pas tenu une semaine.