Le système social et les retraites sont menacés par la crise de la dette.

LA RENCONTRE DE LA SEMAINE

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Éric Verhaeghe : « J’appelle de mes vœux la faillite la plus rapide possible de ce pays, parce que ce sera la seule façon de faire comprendre la vérité aux Français ! »

Éric Verhaeghe est énarque, ancien administrateur de la Sécurité sociale et fondateur du Courrier des Stratèges. L’entrepreneur est convaincu que la faillite de l’État est proche. Non sans esprit de provocation, il estime qu’elle est même souhaitable afin de faire prendre conscience aux gens de la réalité de la situation. Un entretien sans langue de bois.


L’Hebdo-Bourseplus : Bruno Le Maire souhaite mobiliser l’épargne des Français pour financer la transition écologique et l’intelligence artificielle. En réalité, cette annonce ne traduit-elle pas les difficultés que peut avoir l’État à se financer ?

Éric Verhaeghe : D’abord, je ne sais pas si c’est à l’État français de financer l’intelligence artificielle car, quand l’État fait des choix, c’est toujours un problème. Emmanuel Macron avait dégagé 20 start-up susceptibles de devenir des licornes, elles devaient bénéficier de nombreuses aides, mais aujourd’hui ce sont des catastrophes industrielles pour une forte proportion. L’État est-il légitime à aider les entreprises ? Je crois que la manie de l’État, c’est de faire plaisir aux copains : par exemple, je pense à une licorne créée par un polytechnicien, Arménien d’origine, et c’est toute la machine des polytechniciens et des Arméniens qui s’est mise en branle pour l’aider. Évidemment, je n’ai rien contre les polytechniciens et les Arméniens, mais on ne doit pas aider les gens sur des critères de connivence !

Je préfère le système à l’américaine où, quand une entreprise est capable de tenir, on l’aide avec un contrat, mais on évite les subventions et les aides. Il est vrai qu’il y a un sujet inaudible, c’est un sujet urticant qui suscite l’agacement de tout le monde : c’est celui des fonds de pension. Aux États-Unis, il y a des fonds de pension qui permettent de constituer un capital très important pour financer les entreprises dans la durée. Nous avons des retraites par répartition, donc nous n’avons pas de fonds de pension, et c’est un problème récurrent que celui de l’accès au capital pour les entreprises.

Je connais un ingénieur français qui a voulu créer une entreprise de recyclage des fibres plastique qui se trouvent dans les vêtements, mais pour développer son activité en France, il est confronté aux difficultés habituelles. Il est quasiment impossible de créer une entreprise en France, car il n’y a plus de places disponibles et ensuite les lourdeurs administratives sont très fortes.

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