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La culture technologique des investisseurs est indispensable lors d’une levée de fonds.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Antony Derbes, président d’Open Lake Technology : « On est souvent obligé de faire de l’évangélisation sur des choses qui sont très basiques. »
Open Lake Technology est l’éditeur d’une suite logicielle qui aide les DSI à répondre à leurs besoins de conformité IT, de compréhension des usages et de gestion des incidents sur leurs systèmes de téléphonie unifiée. Nous évoquons cette semaine le sujet de la levée de fonds, l’investissement que cela requiert pour l’entrepreneur, mais aussi la culture technologique nécessaire lorsque l’on investit dans une start-up. En effet, les cadres qui sélectionnent les dossiers n’ont parfois pas cette culture et certains d'entre eux ne prennent même pas en compte la conformité IT.
L’Hebdo-Bourseplus : Quels sont vos métiers ?
Anthony Derbes : Nous éditons une suite logicielle qui travaille notamment sur ce que l’on appelle la conformité IT. C’était notre premier métier. Ensuite, à partir de 2020, Microsoft est arrivé avec toute la partie téléphonie unifiée, notamment Teams, et c’est quelque chose qui s’est vraiment professionnalisé depuis la crise sanitaire. Nous avons travaillé sur la conformité, les usages et la maîtrise des coûts. Nous avons beaucoup de clients qui ont plusieurs sites et qui sont soucieux de leur qualité de service. Nous avons aussi développé un outil dans ce sens. Prenons l’exemple de la téléphonie avec des fabricants comme Alcatel ou Cisco. Microsoft fait de la téléphonie depuis seulement quelques années, puisqu’ils ont commencé avec Skype. Maintenant, c’est Teams et tout le monde était convaincu que cela fonctionnerait de la même manière que les solutions précédentes. Mais quelqu’un qui avait l’habitude de travailler avec Alcatel s’est aperçu que ce n’était pas du tout la même chose. Ce sont tous ces domaines que nous couvrons à travers notre suite logicielle.
Vous souhaitez aborder la question de la psychologie de l’entrepreneur au moment d’une levée de fonds. Pourquoi travaillez-vous sur ce thème ?
J’ai rencontré plusieurs entrepreneurs qui pensaient qu’une levée de fonds était quelque chose de totalement gérable. En réalité, après une levée de fonds, j’ai pu observer que j’ai dû faire plus d’une trentaine de rendez-vous les premiers mois, avec toujours la nécessité de faire un compte-rendu. Cela prenait un temps énorme, ce qui engendrait un retard important en termes d’objectifs, surtout si l'on est le premier vendeur de sa boîte. Clairement, lorsque l’on est dans une dynamique commerciale très forte et que l’on est le premier vendeur de son entreprise, une levée de fonds peut faire perdre trois à six mois. Beaucoup de gens ne pensent pas à cela. On se dit que c’est facile, puisque l’on récupère de l’argent, mais c’est grave car on s’engage avec des investisseurs sur des chiffres, des revenus et des taux de marge. Finalement, on s’aperçoit que la croissance annoncée n’est pas au rendez-vous et c’est vraiment un motif de stress pour les entrepreneurs.
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