Forvia : nouvelle offensive du grand bankstérisme organisé ?

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 1er mars 2024 (numéro 1.227) : “ Persécution : tous les prétextes possibles pour nous abattre (4) ”. Bonne lecture !!!

Lundi, Forvia publie ses comptes. Ils sont excellents. Dans un premier mouvement, le titre monte. Il avait clôturé à 16,07 ce vendredi, le plus haut de ce lundi, suite aux publications, a été de 17,02 euros, après une ouverture à 16,83. Pourtant, patatras, au fur et à mesure que s’est déroulé la séance, le matraquage est intervenu, à la fin, sur la cloche de la clôture, le cours était réduit à 14,035 euros, le tout dans des échanges énormes de 4.784.962 titres. -12,66 % ! Le lendemain, ce mardi, répétition de l’épisode, avec -9,65% en clôture (12,68 euros, plus bas de séance à 12,17).

Il n’y avait pas d’information particulière, en dehors de quelques notes de commentaires d’analystes financiers, qui ne faisaient que suivre la baisse de la veille. Le titre démarre à 13,95, monte légèrement à 14,315 et puis ensuite, nouvel effondrement, avec une plongée supérieure à 13,28 % ! Presque 6,1 millions de titres échangés mardi, encore 3,7 millions de plus mercredi, avec une remontée à la fin de séance à 13,86 euros, +9,31%. Visiblement, il y a eu une action organisée, prédatrice, qui a cherché (et cherchera encore ?) à ramener Forvia à la cave, boursièrement parlant, et techniquement à retrouver les 10,73 euros, plus bas d’une décennie !


Adapter l’outil de production en Europe.


Le prétexte qui est annoncé vient de la publication, en marge des résultats annuels (excellents au demeurant, on y reviendra), de l’intention de Forvia de lancer un projet d’adaptation de son dispositif de production et de R & D à un environnement européen en rapide évolution. C’est un projet sur cinq ans, qui pourra amener jusqu’à la suppression de 10.000 emplois, occasionnera des dépenses de restructuration mais devrait générer des économies d’environ 500 millions d’euros en base annuelle d’ici à la fin de 2028. L’objectif est de permettre à Forvia de porter sa rentabilité à plus de 7 % du CA dans la zone Europe Moyen-Orient Afrique contre 2,5 % en 2023. L’objectif est de moins dépendre pour ses profits de la Chine et de l’Orient, avec une zone Europe Moyen-Orient Afrique qui ferait alors 35 % du résultat opérationnel pour 40 % des ventes en 2028. Que l’équipementier veuille s’adapter au marché automobile européen, attaqué par les constructeurs chinois et plutôt ankylosé depuis le choc de l’épidémie de Covid et la fermeture des usines suivies de la pénurie de semi-conducteurs, cela paraîtrait plutôt, a priori, comme un acte de bonne gestion. Le groupe est le huitième équipementier automobile mondial. Il est présent sur environ 300 sites dans le monde, et pour des raisons logistiques, ces sites sont implantés au plus près des usines d’assemblage des constructeurs automobiles. Forvia comptait à la fin de l’année 2023 75.500 salariés en Europe, essentiellement en France, en Allemagne, en Pologne, en République Tchèque et en Espagne.


Pas de pot...

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