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L’agence immobilière en ligne lève 800 000 euros.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Nicolas Gay, cofondateur de Welmo : « Une nouvelle baisse des prix est nécessaire. »
En 2023, la hausse des taux immobiliers s’est accélérée pour atteindre plus de 4% à la fin de l’année. Cette situation a entraîné une chute de 40% de production de crédits, freinant ainsi le nombre de transactions immobilières dans l’ancien, qui s’élève à environ 885 000. Conséquence directe de cette crise, la faillite de nombreuses agences immobilières : 830 ont fermé en 2023. Le marché semble peu propice à une levée de fonds pour une start-up immobilière. Pourtant, Welmo a su se démarquer en choisissant une autre stratégie pour affronter la crise. Si, dans le passé, la priorité des agents immobiliers était de trouver des mandats de vente, il s'agit surtout aujourd’hui d’assurer la vente jusqu’au bout et de trouver des acheteurs pourvus d'un financement fiable. Ainsi, l’accent a été mis sur la vérification des plans de financement des potentiels acquéreurs afin de sécuriser les ventes. Les mandataires sont encore plus présents tout au long du parcours client et jusqu’à la signature de l’acte.
L’Hebdo-Bourseplus : Quelle est votre vision du marché immobilier ?
Nicolas Gay : Il y a eu une baisse du volume des transactions sur le marché national, de l’ordre de 25%. C’est assez radical. Il y a une réflexion évolutive de la part des consommateurs. A la fin de l’année dernière, les acheteurs étaient dans l’attentisme, en raison de l’augmentation continue des taux, et tout cela se traduisait par un nombre d’annonces très important sur les différents portails. Dans le même temps, les vendeurs étaient dans le déni alors qu’on leur expliquait qu’il fallait baisser les prix. Maintenant, les vendeurs sont dans l’acceptation d’une baisse des prix et les acheteurs se replongent sur leur projet d’achat. Les signaux sont donc plutôt au vert. Dans ce contexte, les acteurs les plus pénalisés sont les agences physiques, surtout en cette période.
Je rappelle que trois vendeurs sur quatre essayent de vendre leur bien en évitant de passer par une agence immobilière. Le métier d’agent immobilier était déjà assez décrié avant cette crise. Évidemment, beaucoup retournent ensuite vers les agences, car il est extrêmement chronophage et complexe de tenter de vendre soi-même son bien. Il y a aussi des agences comme la nôtre, qui ont des honoraires moins importants, qui suscitent l’intérêt des consommateurs. On observe que les vendeurs sont très à cheval sur les plans de financement, en raison du nombre important de refus de prêts. Les plus impactés sont les primo-accédants, qui doivent fournir un apport personnel beaucoup plus important qu’auparavant. Dans ce contexte général, on peut dire qu’il n’y a aucun acteur qui se dégage et que tout le monde subit cette situation. Certains pensent qu’il faudrait encore une baisse des prix de l’ordre de 10 % pour rééquilibrer le marché, d’autres évoquent une marge entre 5 et 7 %, mais il est certain qu’une nouvelle baisse des prix est nécessaire.
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