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Les dangers de la monoculture boursière
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Je ne suis pas le seul à m’étonner de la persistance de la hausse des indices boursiers au-delà de tous leurs records historiques précédents, malgré toutes les dégradations dans le fonctionnement du monde réel à tous les niveaux. Les investisseurs et les conseilleurs ne jurent que par une chose : l’Intelligence Artificielle et ses promesses d’ouvrir une vaste période d’enrichissements pour ceux qui y auraient investi massivement, sans distinction réelle. Cela rappelle fortement la période « Internet » de 1999 – 2000 avec les capitalisations démentielles atteintes par toutes les actions des sociétés qui y opéraient de près ou de loin. Certes, plus de vingt ans après, certaines sociétés comme Alphabet (Google), Méta (Facebook) ou Amazon se sont révélées de très bons investissements, mais la plupart des titres mis en avant à l’époque ont sombré à l’instar de AOL, Yahoo ou Alcatel qui cotait près de 100,00 euros au sommet de la bulle. Le nom de Gary Gensler ne vous dit peut-être pas grand-chose, mais il s’agit du Président de la SEC, l’AMF américaine qui vient de sonner l’alarme que personne ne veut entendre en déclarant : « Les entreprises qui cherchent à profiter du battage médiatique autour de l'intelligence artificielle doivent éviter d'attirer les investisseurs avec des affirmations grandioses ou fausses concernant l'impact de cette technologie naissante sur leurs activités… Les entreprises sont tenues de divulguer les risques opérationnels, juridiques et concurrentiels associés à l'intelligence artificielle, ainsi que la pertinence de la technologie pour leurs activités. Nous avons vu à maintes reprises que lorsque de nouvelles technologies apparaissent, elles peuvent susciter l'engouement des investisseurs ainsi que de fausses affirmations. Cependant, si une entreprise lève des fonds auprès du public, elle doit dire la vérité sur son utilisation de l'IA et sur les risques qui y sont associés. »
Ce sont des déclarations très inhabituelles et très alarmantes de la part du plus haut responsable des autorités de marchés, totalement inédites dans l’histoire des Etats-Unis. Au-delà de la frénésie du marché, M. Gensler a également mis en garde contre les risques potentiels de l'IA pour la stabilité financière, en insistant sur les risques "systémiques" d'une future crise financière. Il souligne la nature interconnectée des marchés financiers, qui peut être encore exacerbée par l'utilisation généralisée des mêmes modèles d'IA sous-jacents. Des milliers d'entités financières cherchent à construire des applications en aval en s'appuyant sur ce qui ne sera probablement qu'une poignée de modèles de base en amont. Une telle interconnexion des réseaux et de telles monocultures sont les problèmes classiques qui conduisent au risque systémique », a-t-il déclaré, ajoutant qu'une nouvelle réflexion sur les interventions politiques à l'échelle du système ou macroprudentielles devrait aider à résoudre ce problème.
Pour faire simple et clair, il confirme sans les nommer, mes analyses récentes sur la domination du logiciel « Alladin » du plus gros fond actions mondial sur lequel se connectent la majorité des concurrents pour prendre leurs décisions sur les marchés. Un système de monoculture est clairement mis en place et il menace tout simplement le fonctionnement même des marchés. Sur le plan technique, l’indice Cac 40 revient encore une fois au contact de la ligne de résistance du grand canal haussier majeur à long terme passant près de 7.700 points. Normalement, c’est le signal que le marché a atteint tous ses objectifs de hausse, mais on n’est pas à l’abri non plus de voir cette ligne transpercée vers le haut avec la génération d’un nouveau signal technique de poursuite de la hausse vers de nouveaux cieux. Après tout, ce sont les algorithmes qui dominent les marchés et ils sont capables se tout. En ce qui nous concerne, on restera soigneusement à l’écart d’un éventuel mouvement de cette nature et on fera un maximum de liquidités pour pouvoir revenir opportunément aux achats après une forte chute des marchés, qui tôt ou tard arrivera lorsque le flux de nouveaux capitaux va inévitablement se tarir.
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