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Michelin : ce n'est pas un miracle, c'est du travail !
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Les actionnaires individuels ne représentent plus, selon le « camembert » publié sur le site de Michelin, que 10,3 % du capital. Les investisseurs institutionnels français sont à 22,8 %, les salariés à 2,2 % et les actionnaires institutionnels non-résidents détiennent presque les deux tiers de l’entreprise soit 64,7 % du capital. C’est peut-être pour cela que, lors de la présentation de ses résultats de l’exercice 2023, Michelin affiche une présentation en langue anglaise désormais, alors qu’il n’y a pas plus française de culture que la société Michelin, clermontoise jusqu’au bout des ongles !
D’excellents résultats 2023, malgré le déstockage.
Michelin a sorti des résultats 2023 particulièrement agréables, qui étaient peut-être attendus par le marché, mais pas dans une aussi forte ampleur. Cela a amené mardi le titre Michelin à fortement monter dans la matinée, avant que la hausse soit un petit peu amoindrie en début d’après-midi, suite à des prises de bénéfices en provenance d’Amérique du Nord. Sur le marché des pneumatiques, on ne sait jamais si Michelin est le numéro 1 mondial ou le numéro 1 ex-aequo. En attendant, l’entreprise se défend bien, grâce surtout à ses innovations et à une gestion au cordeau. L’année 2023 a été caractérisée par un résultat opérationnel record des secteurs bien que les marchés et l’effet devises aient été défavorables. Le CA publié a baissé de 0,8 % mais a augmenté de 2 % à taux de change constant. Petit friselis dans la direction d’une ambition beaucoup plus forte, les ventes hors pneus ont augmenté de 10 %. Comme Michelin a répercuté en 2022 les hausses très importantes subies sur les matières premières principales (caoutchouc, acier, produits pétroliers, coût de l’Energie dont l’électricité…), les différents distributeurs de pneumatiques en seconde monte (ceux qui servent à remplacer votre pneu usé) ont déstocké notamment au début de l’exercice 2023. Les distributeurs vendaient au nouveau prix des pneus achetés à l’ancien, ils avaient vraisemblablement fait des achats de précaution, surstockant avant la hausse tarifaire.
Obstacles tous surmontés.
Pour l’année 2023, le mix a été défavorable, les fournitures auprès des constructeurs ont augmenté dans la plupart des segments, le plus rentable segment du remplacement étant pénalisé par ce fameux déstockage massif. On se souvient que, en 2022, un certain nombre de constructeurs automobiles avaient tenté de refuser les hausses tarifaires de Michelin, Michelin a été ferme, arrêtant les livraisons, et il ne fut pas possible, pour des constructeurs aussi importants que Volkswagen et même Stellantis, de remplacer au pied levé les fournitures de Michelin ce qui les conduisit à accepter les augmentations tarifaires. Sur l’ensemble de l’année 2023, les volumes de ventes de pneus ont reculé de 4,7 %. Le groupe vend moins de bas de gamme, et davantage de pneumatiques de grandes tailles, ce qui correspond à l’évolution générale du marché (davantage de SUV notamment). Il y a eu un effet prix-mix positif de 5,7 %. Cela vient de la vente d’enveloppes commercialisées plus cher. L’activité hors pneus, qui vise une croissance importante dans les prochaines années afin de moins dépendre de l’activité pneumatiques, augmente significativement mais c’est encore un poids très modeste par rapport au CA global de Michelin. Le groupe est en train d’intégrer Flex Composite Group. Le groupe a pâti également de sa sortie du marché russe, même si ce marché n’était pas le plus important, cela a toujours un effet négatif. Il y a eu également un effet de change négatif de 2,9 %, l’euro s’étant renforcé par rapport à la plupart des devises.
Maître de ses prix, car leader mondial.