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Les opérateurs télécoms vont de plus en plus se recentrer sur leurs métiers de base.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Mathias Hautefort, directeur général de Netgem : « Je suis persuadé que des agrégateurs de services comme nous ont beaucoup d’avenir. »
Netgem annonce pour l'exercice 2023 un chiffre d'affaires de 35,6 millions d'euros et une marge brute de 22 ME. Le chiffre d'affaires récurrent s'élève à 22,3 ME, soit plus 55% par rapport à l'exercice précédent. Cette hausse s'explique par la croissance de la base d'abonnés liée aux activités Télécom et par l'intégration des sociétés Eclair. Le chiffre d'affaires non récurrent, qui inclut en particulier la vente de box et des frais d'activation de service, est en baisse comme anticipé, du fait principalement de la sortie des activités Hardware et du basculement vers la technologie Android. Netgem termine 2023 avec une base de 677 000 abonnés netgem.tv, gérés pour le compte d'une vingtaine d'opérateurs de télécommunication fixe en Europe, soit une croissance annuelle de 33%. Netgem vise une croissance de l'ordre de 10% de ses revenus récurrents en 2024. Cette croissance sera soutenue par l'ensemble des activités du groupe, en France et à l'international, et en particulier par les perspectives de gain de nouveaux clients opérateurs grâce aux nouveaux produits lancés en 2023.
L’Hebdo-Bourseplus : On observe aux États-Unis une vague de désabonnements face au très grand nombre de services de vidéo à la demande, puisque les consommateurs sont obligés de faire des choix. Quels enseignements tirez-vous de cette situation ?
Mathias Hautefort : Notre métier c’est d’aider les éditeurs à monétiser leurs contenus. Il y a trois grandes manières de faire cela. Il y a d’abord la salle, cela concerne le cinéma, il y a les chaînes qui sont distribuées par les câblo-opérateurs et, enfin, il y a les plates-formes de streaming. Nous sommes un prestataire technique auprès des opérateurs de télécommunications et des plates-formes, nous sommes un tiers de confiance, donc nous ne sommes pas du tout des concurrents. Nous sommes tirés par cette croissance des contenus digitaux car, à côté des très grandes plates-formes internationales, il y a une multitude de plates-formes locales. En France, il y a plusieurs dizaines de services à la demande, par exemple sur du théâtre, du cinéma ou des mangas.
Chaque plate-forme trouve sa place en termes de niche. Nous sommes sur un marché en croissance. On observe que l’empilement des offres pose un problème aux consommateurs. Ils doivent réduire leur nombre d’offres, ou avoir de très bons agrégateurs, et c’est ce que font les opérateurs de télécommunications. Nous avons toujours défendu la capacité pour un opérateur d’agréger un maximum d’offres, comme nous le faisons en Grande-Bretagne avec TalkTalk. Ce besoin de mieux servir le client final est au cœur de notre métier. Il s’agit de bien mettre en avant les différentes offres, faire des choix et rassembler les meilleures propositions.
Vous misez sur une croissance de 10 % en 2024. Toutefois, ne va-t-il pas y avoir un moment où le marché se retrouvera saturé ?
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