Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Le potentiel de correction est considérable

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Depuis un certain temps, les marchés boursiers semblent vaguement se corréler à la courbe du PIB de chaque pays. Or, de part et d’autre de l’Atlantique, le grand écart est de plus en plus flagrant entre une croissance robuste aux Etats-Unis et une lente entrée en récession de ce côté-ci de l’Océan. Les indices Dow Jones et le Nasdaq sont sur une forte tendance haussière depuis le début de l’année alors que les indices européens sont à peine au-dessus de leurs niveaux respectifs de fin 2023, nonobstant leurs forts rebonds depuis la mi-janvier. Les résultats des entreprises reflètent en moyenne cette situation au niveau de l’amélioration de leurs résultats respectifs. Cependant, ce que les marchés ne reflètent pas du tout, c’est d’abord le fait que cette croissance s’est construite à coups d’énormes endettements publics et privés successifs. Autrement dit, ce puissant moteur qui a tout propulsé en direction de la stratosphère ne va pas ronfler éternellement sachant que les montants des intérêts de la dette américaine par exemple atteignent déjà près de 1.000 milliards de dollars !

Pour les autres pays, le coût de l’ardoise n’en est pas moins douloureux avec la hausse des taux d’intérêt et leur maintien probable à haut niveau durant presque toute l’année 2024. Cette semaine a d’ailleurs été marquée par la hausse des taux obligataires sur les marchés avec par exemple un taux qui est repassé de 2,78 % à 2,85 % sur l’OAT à 10 ans de maturité. Ce brusque regain haussier sur les taux a été déclenché par les propos alarmistes de Jerome Pauwell, le Président de la Réserve Fédérale américaine sur le caractère « insoutenable » de la dette américaine et l’urgence de « commencer à s’en occuper ». Il faut comprendre par cela que l’avenir n’est plus au creusement de cette dette mais à sa réduction pendant que la croissance est encore là. Des soutiens éventuels aux marchés en cas de faiblesse ne feraient donc pas partie des intentions du Fomc (Comité de direction de la Fed), sauf si la baisse allait beaucoup trop loin.

Voilà ce qui en dit long sur le potentiel de correction des marchés financiers alors qu’ils se trouvent actuellement à leurs records historiques en capitalisant sur des PER extrêmement élevés. Pour le moment, la mécanique des indices boursiers reste techniquement haussière sous la poussée des algorithmes de trading et de gestion des actifs de la plupart des très gros fonds d’investissement. L’une des principales caractéristiques de ces algos consiste le plus souvent à pousser les marchés toujours plus loin, jusqu’à leurs derniers retranchements. Comme toujours, ce sont les perdants qui paieront la facture finale, c’est-à-dire ceux qui achètent trop tard ou vendent lors des dernières séances baissières marquées par la panique générale. Les montagnes russes ont toujours jalonné les marchés financiers mais depuis l’entrée en lice et la domination des algorithmes, leurs tailles se sont démultipliées.

Certes, pour un investisseur particulier, il n’y a rien de plus ennuyeux et frustrant de surcroit, que de regarder le marché monter indéfiniment sans y être. Mais, c’est infiniment mieux que de se laisser enfermer dans un piège de baisse sur plusieurs années. Dans de telles conditions de marché, la meilleure stratégie est tout simplement de rester patiemment liquide et d’attendre le temps qu’il faudra pour revenir acheter à des niveaux bas inimaginables aujourd’hui. Il suffit de le faire une seule fois dans une vie pour faire définitivement partie des grands vainqueurs en Bourse. Du point de vue technique, l’indice Cac 40 évolue actuellement très près de la ligne supérieure du canal haussier majeur à long terme. Sa ligne de support passe aux alentours de 5.800 points et donne une idée de la correction possible qui nous attend. A court et moyen terme, l’indice Cac 40 devrait combler son « gap » haussier avec un retour au contact des 7.464,00 points. En dessous, la ligne de support du canal haussier secondaire passe actuellement vers 7.320,00 points.

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