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La Pologne, un miracle et une force économique à l'est de l'Europe
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 9 février 2024 (numéro 1.224) : “ Persécution : tous les prétextes possibles pour nous abattre (3) ”. Bonne lecture !!!
La Pologne va bientôt fêter ses 1.000 ans, en 2025, puisqu’il s’agit de l’anniversaire du couronnement comme roi de Pologne de Boleslav, fils de Mieszko Ier, qui fut baptisé en 966. Au XVIe siècle, en 1569, l’Union de Lublin a réuni la Pologne et la Lituanie dans une « république » puis une monarchie élective qui, durant plusieurs siècles, occupa l’espace le plus vaste d’Europe. Les partages de 1772, 1793 et 1795 mirent fin à l’Etat polonais indépendant, restauré pleinement (il y avait une certaine autonomie de la Pologne russe) en 1918. Un quatrième partage de la Pologne fut opéré en septembre 1939, suite à l’accord entre Hitler et Staline, entre communistes et nazis allemands.
Le martyre de la Pologne ne s’est pas arrêté avec la libération par l’Armée Rouge, à partir de 1944, de son territoire actuel. Les camps de concentration installés en Pologne furent réutilisés pour y mettre les Polonais de l’intelligentsia, de l’ancienne résistance de l’armée de l’intérieur. Zone de guerre en septembre 1939 et de juin 1944 à mai 1945, l’actuel territoire de la Pologne fut transformé, ruiné, massacré. On estime à plus de 6 millions de morts, dont 2,9 millions de Juifs assassinés, les victimes polonaises de la Seconde Guerre mondiale.
Frontières décalées vers l’Ouest.
Les frontières de la Pologne ont été décalées vers l’Ouest, au profit de l’URSS (actuelle Biélorussie surtout), et aux dépends de l’Allemagne. Pour reconstruire, sous un régime communiste imposé par Staline, cela ne fut pas une mince affaire puisque l’aide américaine fut refusée (plan Marshall). Election du pape Jean-Paul II en 1978, création et succès formidable du syndicat Solidarnosc (avec l’appui financier et moral du Vatican) en 1980, coup d’Etat de Jaruzelski en 1981, table ronde de 1989, la Pologne a joué un rôle majeur dans l’effondrement de l’Empire soviétique. Membre de l’OTAN depuis 1999, de l’UE depuis 2004, la Pologne actuelle a connu une renaissance particulièrement spectaculaire.
Longtemps rempart de la chrétienté occidentale face aux hordes musulmanes de l’Empire ottoman ou à l’expansionnisme russe, la Pologne vient de changer de camp, avec une visible sécularisation, le PiS a perdu le pouvoir au Parlement polonais, son discours eurosceptique n’a visiblement pas plu à la population, lassée de huit années de pouvoir. La coalition proeuropéenne a obtenu plus de 53 % des suffrages contre 35,58 % des voix pour le PiS, arrivé en tête mais sans alliés pour constituer une majorité. Alors qu’en France, à peine un électeur sur deux daigne se déplacer aux urnes lors des élections législatives, en Pologne, la participation a frôlé 75 % des inscrits, bien plus que lors des législatives de 1989 où 63 % des votants s’étaient exprimés.