Le déraisonnement climatique : Climat, énergie, ressources : revenir à la science pour éviter la ruine.

LITTÉRATURE

✍️ Par Yannick URRIEN

Le dernier livre de François Gervais figure en tête des ventes sur Amazon. L'auteur est souvent victime du fanatisme de militants qui l’accusent d’être « climato-sceptique » et qui veulent l’empêcher de s’exprimer. C’est la raison pour laquelle il est important de lui donner la parole, au nom de la libre expression et du libre débat. Physicien, professeur émérite à l’Université de Tours, François Gervais a été directeur d’un laboratoire du CNRS (UMR 6157) et expert reviewer des rapports AR5 et AR6 (2022) du GIEC. Ancien conseiller scientifique du Pôle de compétitivité Sciences et Systèmes de l’Énergie électrique (S2E2), il est médaillé du CNRS en thermodynamique et lauréat du Prix Ivan Peychès de l’Académie des sciences. Il vient de publier un ouvrage sur ce qu’il désigne comme le déraisonnement climatique.

Son dernier livre est en tête des ventes. Pourtant, on reproche aux journalistes qui l’interrogent de faire leur métier : « Cela va beaucoup plus loin, puisque nous sommes interdits de nous exprimer sur les chaînes publiques. Mais pas sur les chaînes privées... Si j’écris des livres, c’est pour relater en français, de manière plus intelligible, ce qu’un scientifique écrit en anglais dans une revue internationale à comité de lecture. Sur ma page à l’université, vous pouvez télécharger quatre articles sur le climat que j’ai publiés dans des revues internationales à comité de lecture. Certains disent que je ne suis pas climatologue, mais, à partir du moment où l’on a publié plusieurs articles sur le sujet dans des revues internationales à comité de lecture, on ne peut peut-être pas me taxer de ne pas être climatologue ! En revanche, je rappelle que les trois derniers présidents du GIEC n’étaient nullement climatologues, puisqu’il y avait un ingénieur des chemins de fer, puis un économiste coréen, et le dernier était spécialiste des énergies intermittentes. Aucun d’entre eux ne peut se revendiquer être climatologue. »

Son dernier ouvrage évoque la destruction des richesses. On nous prépare intellectuellement au passe climatique et il semble dire qu'il s'agit d'un cheval de Troie pour changer le modèle de notre société, afin de nous plonger dans une économie totalement dirigiste : « Votre propos utilise des termes auxquels je souscris. Selon les calculs du GIEC, la planète s’est réchauffée de 0,4°C depuis 1945, date de l’accélération des émissions de CO2 dues à la combustion de ressources fossiles. Et, à ce jour, toujours selon les évaluations du GIEC, la France serait responsable d’une hausse annuelle de la température du globe de 0,00007°C. Or, sur la base de ces estimations reconnues, nos dirigeants aiguillonnés par l’ONU ont décidé d’atteindre le « zéro carbone » en 2050, impliquant des bouleversements radicaux de nos modes de vie et en particulier la transition vers le tout électrique, alors que 80% de l’énergie produite aujourd’hui est d’origine fossile. Au-delà de l’interdiction complète des véhicules thermiques, décidée à l’horizon 2035, les réflexions portent désormais, entre autres, sur la limitation du nombre de vols intercontinentaux, sur des restrictions à la consommation de viande, une limitation des constructions de maisons individuelles et, bien sûr, une démultiplication des installations d’éoliennes et de champs photovoltaïques. Tout ceci financé par de la dette. » D’ailleurs, le journal qui l’attaque le plus, c’est L’Humanité : « C’est tout à fait vrai. J’écris effectivement à la fin du livre que j’ai vraiment le sentiment que le GIEC a utilisé un mauvais prétexte climatique. Car ce n’est qu’un prétexte. Tout cela avec l’idée d’euthanasier le volet énergétique de nos économies. Et c’est grave. »

Il pourrait y avoir un débat serein sur cette question. Or on a le sentiment que cela se transforme en conflit religieux : « Il est indéniable que la population mondiale a doublé depuis cinquante ans. Bien évidemment, cela a une incidence. Alors, il faudrait se féliciter qu’un tiers de nos émissions de CO2 profite à la végétation et aux plantes nutritives : 45 plantes assurent 95 % de la nourriture mondiale en fruits, céréales et légumes. Mais on ne dit jamais cela dans les COP. C’est un réel bénéfice qui correspond au fait que la population mondiale a doublé. Il y a évidemment une influence sur la planète. Dans la dernière publication que j’ai faite avec des collègues de différents pays, on insiste sur l’effet des îlots de chaleur urbains. Il faut loger tous ces gens, principalement en ville, donc les effets d’îlots de chaleur urbains augmentent. Cela se voit très bien quand on compare les évolutions de température globale avec l’évolution de la température mesurée uniquement en zone rurale. »

Il y a quelques années déjà, certains jeunes pensaient que le monde s’effondrerait en 2010, puis en 2020. Maintenant, c’est en 2030… On observe que ce sont les mêmes débats qui reviennent en permanence : « J’espère que cela leur donnera une certaine expérience de la vie, celle que j’ai personnellement, puisque je suis dans ma 79ème année. Ils comprendront qu’il y a tout le temps des aléas météorologiques. On qualifie cela de phénomènes chaotiques en physique. Il y a toujours eu des canicules, des inondations ou des vents violents, et il y en aura toujours. Pas plus qu’avant. Ce ne sont que des fluctuations. Le thermomètre a été inventé en même temps que le baromètre et en même temps que la lunette de Galilée. Ce sont trois instruments extrêmement intéressants. Le thermomètre mesure la température depuis 360 ans et l'on observe effectivement une augmentation de la température depuis 360 ans. En revanche, les fluctuations autour de la moyenne ne sont pas différentes aujourd’hui de ce qu’elles étaient il y a 360 ans. Ensuite, la lunette de Galilée a été inventée en même temps que le thermomètre. La lunette a montré qu’il y avait plus de taches solaires il y a 360 ans. Il a fait froid et c’est la raison pour laquelle la Terre se réchauffe depuis 360 ans. Cela explique le fait qu’il y a eu une avancée des glaciers alpins il y a 360 ans et que celle-ci diminue. Le baromètre est aussi quelque chose d’essentiel. Nos anciens ont toujours regardé le baromètre pour savoir s’il fallait moissonner ou vendanger dans l’urgence, en cas de dépression. L’autre point important, c’était la girouette au sommet du clocher du village pour connaître la direction du vent. Entre le baromètre et la girouette, les agriculteurs avaient une très bonne perception, peut-être même meilleure que ceux qui regardent aujourd'hui les cartes des bulletins météo. »

Dans les années 70, toute la presse mondiale titrait sur un proche refroidissement climatique et expliquait que la moitié de la France serait sous les glaces dans les années 90. Cela faisait peur à tout le monde : « Entre le nord de la France et le pourtour méditerranéen, l’écart de température est dans une moyenne de 6°, mais l’été on ne voit pas de réfugiés climatiques niçois se réfugier vers les Ardennes. C’est plutôt l’inverse qui est observé. On entend un véritable délire médiatique sur ce sujet ! Le numéro 633 de juin 1970 de Science & Vie annonçait à la une « Plus de vie dans 50 ans ». 1970 + 50 ans = 2020, c’est le passé récent, c'est aisé à vérifier. Et « La température de l’atmosphère s’élèvera de 9° durant le prochain demi-siècle et le niveau des eaux de 3 mètres. » À la même époque, dans The Cooling, Lowell Ponte écrivait : « Ce refroidissement a déjà tué des centaines de milliers de personnes. S’il continue, et qu’aucune action vigoureuse n’est entreprise, il va causer une famine mondiale, un chaos mondial, une guerre mondiale et tout ceci pourrait arriver avant l’an 2000. » Le 9 juillet 1971, le Washington Post écrivait : « Dans les cinquante prochaines années, la poussière (comprenez les aérosols) émise dans l’atmosphère par combustion des ressources fossiles va tellement voiler la lumière solaire que la température de la Terre va chuter de 6°. Cinq à dix années d’émissions pourraient être suffisantes pour déclencher une période glaciaire ».

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