Un cercle de réflexion pour alerter les politiques sur la situation de l’immobilier.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Michel Platero, président de l’Institut Janus : « Il faut persuader les politiques de décaler les différentes dates prévues pour le DPE. »

Michel Platero, ancien président de la FNAIM Grand Paris, vient de créer l’Institut Janus. L’objectif de ce cercle de réflexion est de regrouper des experts de renom dans les domaines de l'économie, de la fiscalité et de l'immobilier, afin de devenir un acteur majeur dans l'analyse et la proposition de politiques publiques.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous créez un cercle de réflexion qui rassemble des spécialistes et des économistes qui maîtrisent les rouages du secteur de l’immobilier. On entend dire que ce secteur vit une crise très grave : est-ce pour cette raison que vous avez voulu réunir des professionnels autour de cette question ?

Michel Platero : Avant d’être président de la FNAIM du Grand Paris, j’étais conseil en gestion de patrimoine et fiscaliste. L’immobilier est très important pour tous les Français, mais il y a beaucoup de liens avec les lois et la fiscalité. J’ai travaillé dans le domaine du neuf, mais également dans celui des logements sociaux. Je connais tous ces systèmes, comme le bail solidaire, et j’observe qu’il y a une énorme crise du logement depuis quarante ans. Le logement n’a jamais été pris très au sérieux, à l’exception de la loi Périssol. Je ne fais pas de politique, mais je comprends que, quand on arrive au ministère du Logement, même quand on est très diplômé, cela ne compense pas des décennies de terrain parce que c’est un domaine très complexe. Dans le logement, il y a la construction, la vente, la copropriété, les syndics de copropriété... Tout cela constitue un ensemble qu’une personne normalement constituée, ou même mieux constituée que les autres, ne peut pas apprendre très vite. On ne peut pas apprendre le secteur du logement en six mois.

Depuis quelques années, avec l’arrivée d’Emmanuel Macron, je constate que c’est un financier, un boursier, qui est au pouvoir. Quand on est dans la bourse, on n’est pas dans l’immobilier. Ce n’est pas un reproche, mais les ministres qui se sont succédé, soit n’avaient aucune capacité à faire des propositions, soit n’avaient pas l’argent pour faire quoi que ce soit, alors que ce secteur est déficitaire. Avant que les taux baissent, il y avait 600 000 à 700 000 logements construits. Aujourd’hui, nous en sommes à 200 000. Donc, c’est énorme. En plus, nous assistons à l’essor des locations de courte durée qui ont enlevé du marché, notamment dans les régions denses, des centaines de milliers de logements. En faisant de la location de courte durée, vous gagnez en deux mois ce que vous gagnez en un an avec une location normale. Donc, les maires ne se sont pas préparés, alors qu’ils auraient dû se préparer plus tôt.


Pourtant, certaines communes prennent des mesures pour contraindre les gens qui louent un appartement en Airbnb à proposer en location un autre appartement vide à l’année…

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