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Hiboo lève 9,3 millions d’euros pour améliorer la productivité et la décarbonation des engins et véhicules industriels.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Clément Bénard, PDG de Hiboo : « Les clients peuvent identifier le chantier sur lequel il y a le taux de ralenti le plus élevé. »
Hiboo est une entreprise spécialisée dans la collecte et la valorisation des données émises nativement par les engins et les véhicules de flottes industrielles. Une technologie qui permet de mesurer leur performance d’utilisation pour l’améliorer, aussi bien sur le plan environnemental qu’économique. La solution permet de réduire de 20 % le bilan carbone des grands chantiers qui utilisent pour la plupart des engins diesel. La part de fonctionnement moyenne des engins au ralenti est estimée à 37% par la Fédération française des bâtiments et travaux publics en France. Certains engins fonctionnent même jusqu’à 70% du temps au ralenti et c’est autant d’énergie qui part en fumée. Hiboo a vocation à améliorer la productivité et l’efficience énergétique des flottes d’équipements industriels mobiles des entreprises, grâce à l’exploitation des données émises par les matériels.
La solution SaaS de Hiboo, utilisée par de nombreuses entreprises dans les secteurs du BTP, de l’industrie et de la location de matériels, traite les données de 63 000 équipements connectés auprès de 90 sources intégrées, réparties dans plus de 100 pays. L’entreprise emploie aujourd’hui 45 personnes. Hiboo a finalisé une levée de 9,3 millions d’euros auprès des fonds Emerald et Nabtesco, ISAI Build Venture, Future Industry Venture, Ring Capital et Citizen Capital.
L’Hebdo-Bourseplus : Un transporteur qui a déjà quelques centaines de camions aura déjà appris, au cours de ces dernières années, à faire preuve de rigueur dans l’optimisation de ses véhicules. Qu’apportez-vous de plus ?
Clément Bénard : Aujourd’hui, si vous achetez une machine Iveco, vous aurez une application à votre disposition. Idem s’il s’agit de Renault Trucks. Les industriels ont de multiples marques, les constructeurs de biens d’équipement ont aussi de plus en plus de biens d’équipement connectés et il y a de la data même dans les pneumatiques. Donc, le premier objectif est de pouvoir agréger l’ensemble des sources de données détenues par les industriels. La première étape, c’est la collecte. La deuxième, c’est l’agrégation afin d’avoir une vision globale. Et la troisième étape, c'est celle du métier. Nous permettons aux industriels de prendre le contrôle du patrimoine de données qu’ils détiennent. Cela veut dire que les industriels n’ont pas forcément conscience de tout ce patrimoine. Les données sont toujours détenues par le propriétaire de la machine et nous lui permettons ainsi de rendre exploitables ces données. Enfin, il y a la restitution, c’est-à-dire s’adapter au métier de l’industriel afin qu’il puisse créer de la valeur.
Par exemple, Saint-Gobain a une entité qui a pour objectif d’administrer tout le parc roulant. Il y a plus de 100 000 actifs roulants et l’un des objectifs est de remonter un bordereau papier chaque année sur chaque actif. Tout cela alors que ces actifs communiquent toute la journée. Prenons l’exemple d’un autre client, Eramet, le plus grand minier français. Ils ont déjà de très nombreuses solutions logicielles et ils peuvent avoir une solution supplémentaire pour nourrir en données les solutions qu’ils ont déjà chez eux. Nous avons aussi une application pour des sociétés qui n’ont pas un DSI (Directeur des systèmes d’information) et cela concerne les entreprises de taille moyenne. Ces entreprises sont bien contentes d’avoir notre application qui permet un accès visuel à toutes ces données. Donc, la grande différence avec les solutions existantes, c’est que nous n’installons pas de hardware, puisque nous exploitons les données natives du constructeur. En plus, nous sommes dans une philosophie ouverte qui est extrêmement différente.
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